1. Les vacances d'été sont décidément trop longues !


    Datte: 18/05/2024, Catégories: fplusag, profélève, amour, init, amouroman, rupture, Auteur: Geg Folie, Source: Revebebe

    ... que le tampon de la poste précise qu’elle vient de Lyon ! Je ne rejoins pas le réfectoire, mais mon box, je serai plus tranquille. Tremblant, j’ouvre et je découvre huit pages, quatre feuilles recto verso. Je ne vous infligerai pas la totalité, d’autant que, ne l’ayant pas retrouvée avec mon journal, je suppose que je l’ai détruite plus tard. Mais certaines phrases se graveront à jamais dans ma mémoire, et l’esprit s’y imprimera tout autant.
    
    « Mon tendre amour, c’est le visage inondé de larmes que je commence cette missive, tant je sais qu’elle va te faire souffrir… »
    
    Je fais une première lecture en diagonale, puis reprends, page par page, lis, relis, essaie de comprendre, essaie de repérer l’organisation de ce long écrit. Elle est restée dans la dissertation classique, en trop parties : antithèse, thèse, synthèse.
    
    • Antithèse :« j’ai été sincère, je t’aime… » et de longs rappels de notre aventure, de son vécu, de son ressenti, de son bonheur, de ses émotions…
    
    • Mais la thèse arrive :« je suis mariée, j’ai une fille, je n’ai pas le droit de détruire tout ça, j’ai longuement réfléchi… Le sens du devoir… La peur du scandale, les risques judiciaires… »
    
    • Suit la synthèse, axée sur la raison, le raisonnable :« Essaie de me comprendre, je n’ai pas le choix, j’ai des devoirs ; j’ai donc pris la décision… C’est pourquoi j’ai demandé ma mutation pour tenter de sauver… »
    
    Et suit une longue conclusion :« je te demande de me pardonner… je t’aime toujours… je ne ...
    ... t’oublierai pas… Je sais que tu ne m’oublieras pas non plus… Comme moi, tu te souviendras de ta petite fleur que je garde précieusement. Regarde la photo, tu verras que je la porte souvent entre mes seins que tu caressais si tendrement… Je sais que tu vas respecter mon choix qui est très douloureux pour moi et je te demande, pour m’aider, de ne pas chercher le moindre contact ! Permets-moi un petit conseil, le dernier : poursuis tes études, tu as tout ce qu’il faut pour aller plus loin. »
    
    Je sors la photo restée au fond de l’enveloppe et suis bouleversé aux larmes : un superbe camay, au centre duquel il y a le cœur de ma petite fleur.
    
    Une douche glaciale ; je ne comprends pas ou refuse de comprendre ! Chacun peut imaginer que je suis dans « le yin et le yang » l’idée qu’elle l’était sûrement aussi quand elle m’a écrit me traverse l’esprit, ce qui n’est pas pour me calmer. Je doute : est-ce vraiment SA décision, ou l’a-t-on forcée ? Mais qui ? Pourquoi ? Je repense à la phrase de la secrétaire : « mutation hors mouvement ». Je reprends conscience. Je n’ai pas mangé, mais il est l’heure de retourner en cours à l’ENF. Inutile de préciser que je ne suis présent que physiquement. Oui, je vais trahir mon dernier serment, puisque les vacances sont finies. J’ai imaginé un stratagème pour en savoir plus, la secrétaire en sait sûrement davantage. À la fin des cours, je retourne la voir :
    
    — Gérard, tu as un souci ?
    — C’est-à-dire, que… enfin, je suis un peu ennuyé… Madame X m’avait ...
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