1. 0309 Quand on se noie, on ne refuse pas une main tendue 1/2


    Datte: 02/05/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... qui se plaît. Et pour cela, il suffit d’un geste de ma part.
    
    Alors je ne vais pas faire durer le malaise plus longtemps. Je prends sa main et je la serre entre les miennes. Et là, le petit gars semble enfin reprendre à respirer.
    
    « Je ne sais pas si tu vas trouver ça déplacé… il continue après avoir pris une longue inspiration.
    
    — Je ne pense pas que ça va être le cas…— J’ai très envie de t’embrasser… » il lance enfin, le visage tout rouge.
    
    Il est vraiment trop mignon !
    
    Je me relève et je l’embrasse, doucement, tendrement.
    
    Notre première étreinte se prolonge, nos lèvres ne peuvent se résoudre à se quitter. Ses mains caressent mes cheveux, et j’en fais de même avec les siens. Ses doigts effleurent le bas de ma nuque. Et ce contact m’apaise, m’apporte un bonheur infini.
    
    Nous nous câlinons longuement, et c’est terriblement bon. Une partie de moi culpabilise à fond, mais ça me fait tellement de bien que je ne peux m’empêcher de me laisser aller. Tout semble si simple avec ce petit gars, si naturel, si évident.
    
    Une heure et une douche plus tard, nous continuons les câlins dans son petit studio universitaire.
    
    La radio est allumée en permanence en fond sonore dans le petit appart. Et à un moment, une mélodie, un texte et deux voix accrochent mon oreille et mon esprit. Je ne connais pas encore cette chanson, je la découvre au fil de cette première écoute.
    
    Petit portoricain…
    
    https://www.youtube.com/watch?v=0qeV8PDBH8E
    
    A chaque couplet, je ressens ...
    ... des frissons, des émotions, de la tristesse, un malaise grandissant. En trois minutes, la violence de notre monde est là, montrée sans concessions, dans nos oreilles, sous nos yeux, dans notre tête. Cette chanson est un choc, un coup de poing en pleine figure.
    
    Bientôt ça fera un an. Un an déjà. Je me souviens très bien où j’étais en ce maudit 11 septembre. Je me souviens de Gavarnie, de la butte devant la cascade, je me souviens des bras de Jérém qui m’enlacent, je me souviens de son bonheur teinté de tristesse en m’annonçant qu’il avait été recruté par l’équipe de rugby parisienne. Il était heureux que son rêve devienne réalité, mais il avait peur que celui-ci nous éloigne. Je me souviens de la tête de Charlène quand nous sommes passés la voir, alors qu’elle venait d’apprendre à la télé qu’« un 747 s’était encastré dans les fenêtres » de l’une des tours. Je me souviens de la première tour en feu, et du deuxième avion qui percute l’autre tour, je me souviens de l’horreur que j’ai ressentie, la peur, la terreur.
    
    Je me souviens de notre dernière nuit d’amour, et de nos adieux déchirants. Je me souviens de la chaînette qu’il m’a donnée, SA chaînette. Je me souviens aussi du briquet que je lui ai offert. On voulait que l’autre se souvienne de nous, malgré la distance. On voulait préserver notre amour. Nous n’y sommes pas parvenus.
    
    Ce premier après-midi, nous nous contentons de caresses, de baisers. Ruben ne demande rien de plus, je ne lui demande rien de plus.
    
    Nous ...
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