1. 0309 Quand on se noie, on ne refuse pas une main tendue 1/2


    Datte: 02/05/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... pour un tour à vélo « dans les vignes ». La compagnie de ce petit mec m’est bien agréable. J’ai envie de mieux le connaître.
    
    Oui, ces retrouvailles avec Ruben sont vraiment une belle surprise. Ce jour-là, j’avais besoin d’un sourire, de mots, d’une présence qui font du bien. Et ce jour-là, lorsqu’il m’a souri après m’avoir dit bonjour au détour d’un rayonnage de la bibliothèque, Ruben a été ce sourire, ces mots, cette présence.
    
    Le lendemain, nous avons rendez-vous à 8 heures pour prendre le tramway et nous rendre dans le dépôt de l’association. Ruben m’a assuré qu’il y aurait un vélo et un casque de protection disponibles pour moi. Le jeune étudiant me propose une balade « facile » d’environ 3 heures entre Pessac et Mérignac.
    
    Le parcours et le créneau horaire se révèlent en effet très bien choisis. Il y a peu de dénivelé, et le soleil ne tape pas encore. De plus, un petit vent nous accompagne et rend la balade bien agréable. Ruben est attentif à mes débuts en tant que cycliste, il me demande régulièrement si tout va bien pour moi, il adapte son allure à la mienne et fait des pauses régulières pour me permettre de souffler.
    
    L’exercice physique me fait du bien, et la compagnie de Ruben aussi. Je sens notre complicité grandir à chaque coup de pédale. Son sourire me donne la pêche, son rire est si agréable à entendre.
    
    Il est presque midi et notre balade touche à sa fin. Ruben propose une dernière pause. Nous nous écartons un peu du tracé du parcours et nous nous ...
    ... allongeons sur l’herbe. Mon cœur tape à mille. Pas tant pour l’effort produit pendant la balade, mais plutôt en songeant à ce qui risque de se produire dans les instants qui vont suivre. Nous restons allongés côte à côte pendant un petit moment, en silence. J’évite de le regarder, je suis à la fois excité et mal à l’aise.
    
    Du coin de l’œil, je vois Ruben s’assoir en tailleur, et me regarder. Je ne peux alors pas m’empêcher de tourner ma tête vers lui et de le regarder à mon tour. Il me sourit, je lui souris. Chacun de nous deux sait ce que cet instant signifie. Et pourtant, ni lui ni moi nous n’osons faire le premier pas. Lui certainement par timidité, moi par peur des conséquences.
    
    « Tu sais quoi, Nico ? je l’entends me lancer à un moment.
    
    — Dis-moi… »Le petit gars marque une pause, il reprend sa respiration, il est comme en apnée. Il est tellement touchant.
    
    A nouveau, à cet instant précis, je n’ai qu’une envie, celle de le prendre dans mes bras et de le serrer fort contre moi. Je sais de quoi il a envie et j’en ai envie aussi. Et c’est tellement naturel, tellement beau, tellement tout ce que j’ai rêvé depuis toujours. Je me sens bien avec un garçon, avec ce garçon, et je ressens la bouleversante sensation de pouvoir me laisser aller sans me prendre la tête de savoir s’il est comme moi, si je lui plais. Car je sais que c’est le cas. Je me sens bien avec ce garçon et j’ai l’impression que je vais pouvoir être heureux, sans complications, comme n’importe quel couple ...
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