1. 0309 Quand on se noie, on ne refuse pas une main tendue 1/2


    Datte: 02/05/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... m’a laissé le sucer, mais pas longtemps, il ne m’a même pas laissé arriver au bout. Après, il n’a plus jamais voulu.
    
    — C’est dur tout ça…— Oui, mais comme tu l’as dit, c’est la vie.
    
    — Et tu l’aimes toujours ? je lui retourne la même question qu’il m’a posée un peu plus tôt.
    
    — Je pense que je ne suis pas totalement guéri, mais je sais que je dois l’oublier. D’autant plus qu’il a fini ses études à Bordeaux et que je ne le reverrai certainement plus jamais. Et je crois que c’est mieux comme ça. C’est pour ça aussi que ça va être dur de revoir Sophie à la rentrée, ça va me faire remonter plein de souvenirs. Et je vais culpabiliser vis-à-vis de ce qui s’est passé avec Andréas. Mais ça va passer, il faut juste du temps. »
    
    Définitivement, Ruben est un garçon plutôt attachant. Et quand je regarde bien au fond de ce regard, il me semble y déceler une sorte de mélancolie qui le rend touchant au possible.
    
    Nous sommes deux blessés de la vie, deux blessés de l’amour et nous nous comprenons. J’ai de plus en plus envie de le prendre dans mes bras, là, tout de suite.
    
    « Mais parlons d’autre chose, il lance. Tu fais du sport, Nico ?
    
    — Non, pas vraiment. A Toulouse j’aimais bien aller courir le long du Canal du Midi, mais ici à Bordeaux je ne fais pas de sport.
    
    — Tu n’as jamais fait du vélo ?
    
    — Si, quand j’étais enfant.
    
    — Ça te dirait d’en refaire, avec moi ?
    
    — Tu en fais ?
    
    — Oui, depuis des années. J’en faisais à Poitiers, et depuis que je suis à Bordeaux, ...
    ... je fais partie d’une association de cyclistes basée à Mérignac. J’en fais presque tous les week-ends avec eux, et j’essaie de m’entraîner une ou deux fois en semaine. »Ruben me parle de ses virées avec ses potes de l’asso, des bienfaits du sport pour s’aérer l’esprit, pour arrêter de broyer du noir.
    
    J’adore ces premiers instants de la rencontre avec un nouveau garçon, ressentir le tiraillement entre le désir de tout savoir à son sujet et la conscience que c’est exactement le mystère de l’inconnu qui fait la première attirance, la plus magique de toutes. J’adore cet instant où le moindre détail que l’on apprend au sujet de l’autre nous fascine. Et ce, pour la double raison qu’il nous éclaire sur son existence, autant qu’il aiguise notre curiosité, nous laissant imaginer la merveilleuse étendue de ce que l’on ne sait pas encore à ce sujet.
    
    Au moment de nous quitter après le resto, j’ai senti que Ruben aurait eu envie que la soirée se prolonge encore. J’ai vu dans son regard qu’il avait envie de m’embrasser. J’en avais envie aussi. Il aurait suffi d’un geste de ma part pour que cela arrive. Mais j’ai envie de prendre mon temps, j’ai besoin de réfléchir.
    
    Une partie de moi a peur de se lancer dans une histoire qui m’éloignerait encore un peu plus de Jérém.
    
    Et pourtant, une autre partie de moi a besoin de s’ouvrir à ce bonheur qui s’offre à moi. Voilà pourquoi, malgré ce que j’ai ressenti en nous quittant ce soir, j’ai dit oui à sa proposition de nous revoir le lendemain ...
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