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Rêves d'ailleurs
Datte: 27/04/2024, Catégories: fh, amour, pénétratio, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... vaguement rose ; le toit à la Mansart date d’une dizaine d’années. — Et donc le garage c’est toi et ton père qui l’avez construit ? — Oui, c’est ça. Mon père avait gardé les pierres des pignons qui ont sauté en refaisant la toiture. Alors on s’en est servi pour les façades avant et arrière du garage, le reste en parpaings. — C’est magnifique. Chapeau ! On le croirait de la même époque que la maison. J’ai hâte de visiter. — Allons-y. Elle s’extasie, partout. Pas tant pour la maison, somme toute d’un intérieur assez banal mais confortable, fait pour y vivre à l’année et pas seulement pour des vacances, mais surtout pour la vue, sur la côte, les falaises, les îles. Depuis la chambre surtout, point le plus élevé. — Rhôôô ! Dis-moi que tu me feras l’amour devant cette vue, hein ? — Mais, dès ce soir si tu veux. — Oh le pied ! J’en frémis déjà. On a fait un tour de jardin aussi. Une entreprise d’insertion vient chaque mois tondre la pelouse et tailler les haies, mais il ne faut pas leur en demander plus. 2 000 mètres carrés, les grands-parents s’étaient gardé la plus belle parcelle, normal. En regardant attentivement, on voit une zone où l’herbe est plus verte et plus haute. — Tu vois, là c’était le potager du grand-père. Il en a tiré des légumes d’ici. Déjà la terre est fabuleuse, légère et sablonneuse, une vraie terre maraîchère, mais en plus il y mettait le fumier de ses vaches et des algues ramassées sur la plage. Quand j’étais petit, il m’envoyait en ...
... chercher à marée basse avec une remorque. En descendant, ça allait bien, mais pour remonter chargé, c’était dur ! — Et tu n’aimerais pas refaire un potager ici ? C’est la paysanne qui parle. — Évidemment, mais il faudrait habiter là à l’année. — Qu’est-ce qui t’en empêche ? Plus d’attaches dans la Sarthe. — Juste le boulot. J’y ai monté mon organisme de formation en bossant comme un dingue, pratiquement pas de salaire la première année, autre motif de divorce : trop de temps, pas assez d’argent. — Oui mais maintenant ça marche bien, non ? — Plutôt, oui. J’arrive à me faire cent mille balles par an. Pour soixante-dix heures par semaine, quand même… — Ah quand même ! Et tu en profites ? — Pas vraiment. Pas de femme, pas d’enfants, que le boulot. Mais j’aime ça. — Ouais, en fait tu aimes les challenges. Ça pourrait en être un : revendre ton organisme et en créer un autre ici. Où mieux : créer une holding avec plusieurs centres de formation. Un ici, un dans la Sarthe, et pourquoi pas d’autres ailleurs sur le même modèle. Toi tu diriges, tu apportes le savoir-faire et l’organisation et tu touches sur chaque centre. Pas mal, non ? À condition d’avoir une comptable en qui tu puisses avoir toute confiance. — Je te vois venir, toi. Ce serait ton « rêve d’ailleurs », ton Québec à toi ? — Arrête de parler de ça. Il y a eu un cataclysme, les États-Unis ont attaqué le Canada la nuit dernière et le Québec a été rayé de la carte ! Je ne veux plus en entendre parler. Mais si tu dis que ...