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Equinoxe sextraordinaire
Datte: 17/04/2024, Catégories: fh, forêt, amour, fantastiqu, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... Un halo bleuté s’y dégageait. La corpulence de ce dernier changeait, s’élargissait, grandissait pour prendre l’allure d’un homme dans toute sa maturité. Éblouie, émerveillée, elle suivait la métamorphose en la vivant intensément dans sa propre chair. Elle en percevait chaque modification avec une incroyable intensité. Elle avait l’impression d’entendre le battement puissant et répétitif du cœur de Mabon résonner dans sa tête, se synchroniser au sien. Elle était dans un tel état de grâce qu’elle avait l’impression d’être en apesanteur, de flotter libérée de toute attache. Pourtant, cette histoire surnaturelle aurait dû l’alarmer, l’effrayer. Mais elle était subjuguée par le réveil de Mabon. Elle en suivait chaque détail qu’elle gravait dans sa mémoire pour n’en oublier aucun. Elle ne voyait rien d’autre tel un papillon fasciné par la flamme d’une bougie qui risquait à tout instant de lui brûler les ailes. Lorsque ce dernier se redressa et s’assit sur le lit, elle crut défaillir tant sa joie était extrême, prodigieuse. Ils se regardèrent longtemps, sans rien dire, avec ravissement. Elle avait l’impression que plus rien d’autre qu’eux deux, n’existait… Ce fut Mabon qui rompit le silence. Elle ne comprit pas les mots que ce dernier lui chuchotait. Sûrement du celte ancien, se surprit-elle à penser. Elle aurait dû être déçue de ne pas pouvoir engager la conversation. Elle aurait eu tant de questions à poser, mais c’était certainement mieux ainsi, car il était ...
... préférable que certains mystères, notamment ceux relatifs à la vie, ne soient jamais dévoilés. Comme pour dissiper ses éventuels regrets, la voix, aussi douce et chaude qu’un bel après-midi d’automne, l’emplit tout entière et elle en fut bouleversée. Mabon continuait à lui parler lentement, posément aussi délicatement qu’une brise légère de saison. Elle était tout autant troublée par les yeux qui la contemplaient. Des yeux vert-mousse, couleur de sous-bois. Tendres, apaisants, réconfortants. Mabon était, sans aucun doute, l’incarnation même de l’automne. Et brusquement, elle se dit qu’il devait être bon de se blottir dans ses bras, de poser la tête sur sa poitrine et de se laisser emporter par cette tendre étreinte, comme deux amants l’auraient fait un soir d’automne, au coin d’un feu de cheminée, en contemplant les flammes danser dans l’âtre… Leurs visages étaient très proches. Très lentement, Mabon se pencha vers elle. Tout à coup intimidée, elle se raidit et recula la tête. Alors qu’elle s’attendait à subir un assaut passionné, elle fut complètement troublée par la douceur de la bouche qui caressa la sienne, ponctuant ses effleurements de baisers aussi légers qu’un souffle. Elle ne put résister à un tel déferlement de tendresse et se laissa aller… Lorsque le baiser prit fin, elle avait la vue brouillée, le cœur chaviré et un doux vertige lui faisait oublier où elle se trouvait. Un tic-tac répétitif finit par traverser le cocon ouaté qui semblait l’envelopper en l’isolant du ...