1. Equinoxe sextraordinaire


    Datte: 17/04/2024, Catégories: fh, forêt, amour, fantastiqu, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    L’humanité tout entière était au bord du gouffre. Un rien pouvait mettre le feu aux poudres, précipiter le monde dans la folie et le chaos le plus total. Comme tout un chacun, Violette avait les yeux rivés sur l’écran de sa télévision. Toutes les chaînes relataient en boucle l’information du jour. Aucun mot ne pouvait décrire ce qu’elle ressentait. Elle était littéralement dévastée, complètement anéantie. Elle avait d’abord cru à un canular, mais, très vite, elle avait dû se rendre à l’évidence. Depuis, elle luttait tant bien que mal contre le désespoir le plus noir qui était sur le point de l’emporter et qui lui donnait la chair de poule.
    
    En ce 23 septembre, jour de l’équinoxe d’automne, le temps s’était, de façon inexpliquée, aboli. Dès l’aube, toutes les horloges du monde s’étaient mises à ralentir progressivement avant de s’arrêter définitivement au moment précis où le soleil s’immobilisait en plein ciel, bien au-dessus de l’horizon. Avec la suppression du temps, le jour s’était immuablement figé. Ni le crépuscule, ni la nuit ne pourraient arriver tant que cet état de fait perdurerait. Pour la toute première fois dans l’histoire de l’Humanité, l’équinoxe d’automne n’aurait certainement pas lieu. Tout s’était détraqué ! Personne n’y comprenait rien, rien ne pouvait expliquer un tel phénomène. Toutes les sommités qui se succédaient sur les plateaux de télévision pour commenter l’évènement avouaient leur incompréhension. Tous se perdaient en conjectures. Les supputations ...
    ... allaient bon train mais personne n’avait d’explications vraisemblables, dignes d’intérêt. Les débats faisaient rage : ce dérèglement était-il temporaire ou définitif, anticipait-il la fin du monde, la fin des temps ?
    
    Violette pressentait que c’était la Planète dans sa globalité qui était en train d’agoniser. Dans son entendement, le temps, les saisons et la vie étaient interdépendants, intimement associés. Retirez le premier et les deux autres disparaissaient par voie de conséquence !
    
    C’était pour cette raison qu’elle célébrait avec ferveur les saisons, même si cela pouvait paraître à certains, anachronique ou passéiste. À ses yeux, chacune d’entre elles avait son importance. Toutes étaient essentielles à la vie. Après l’effervescence du printemps, puis de l’été, durant lesquels la nature produisait et donnait à foison, succédait l’automne, période faite pour souffler, se ressourcer avant de reprendre des forces et de reconstituer, pendant l’hiver, toute la vitalité et la vigueur indispensable au bon déroulement du cycle suivant. Rendre hommage aux saisons permettait de se remémorer leurs rôles et leurs intérêts. Le faire était non seulement bénéfique à soi mais aussi à la nature et au monde entier.
    
    Pourtant, la société moderne, technologiquement avancée, obnubilée par ses chimères, engagée dans une course contre le temps qu’elle ne pouvait pas gagner, avait fini par l’oublier. Les gens souhaitaient vivre ardemment comme s’ils étaient perpétuellement en été sans se ...
«1234...10»