1. Equinoxe sextraordinaire


    Datte: 17/04/2024, Catégories: fh, forêt, amour, fantastiqu, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... soucier de ce qu’il en coûtait à la Nature pour fournir tout ce qu’ils exigeaient d’Elle. Surexploitée, exsangue d’avoir trop donné, n’ayant plus le temps ni la possibilité de se régénérer, elle avait fini par jeter l’éponge et tout s’était bloqué…
    
    Violette s’arracha de ses pensées accablantes et jeta un vague coup d’œil à la télévision. Rien de nouveau, toujours le même baratin. Elle soupira à s’en fendre le cœur. Brusquement une évidence la frappa de plein fouet en la faisant vaciller jusqu’aux tréfonds d’elle-même : qu’espérait-elle au juste, puisque le temps n’avait plus cours et que sans lui, plus rien ne pouvait se produire.
    
    Pendant un instant, elle eut la sensation d’être comme une noyée se débattant dans une mer démontée pour garder la tête hors de l’eau…
    
    Elle résista à la tentation de se laisser couler et d’en finir une bonne fois pour toutes. ​
    
    En pleine confusion, elle ne savait plus quoi faire ni comment réagir. Devait-elle se mettre à prier ? Les chaînes de télévision diffusaient des reportages provenant de toutes les parties du globe, montrant d’immenses rassemblements où les gens agenouillés imploraient leurs Dieux en se lamentant. Devait-elle se mettre à vociférer, laisser exploser la colère qui couvait en elle ? Rejoindre ces mouvements de foules déchaînées qui saccageaient tout sur leurs passages, mettaient le feu aux voitures, pillaient les magasins et s’en prenaient violemment aux forces de l’ordre incapable de contenir toute l’agressivité ...
    ... qui montait crescendo ? Ou alors mener la politique de l’autruche en refusant de regarder la réalité en face et en continuant à vivre comme si de rien n’était, comme si tout allait se remettre en ordre, redevenir comme avant ?
    
    Restait-il une once d’espoir ? Nul ne le savait… Mais le désespoir qui lui broyait le cœur lui faisait craindre le pire. Elle ne devait pas se bercer d’illusions. Quelle ironie, la fin du monde était proche et elle se demandait ce qu’elle pouvait bien faire pour meubler le temps qui lui restait. Le temps qui lui restait ? Mais il n’y avait plus de temps, il avait disparu !
    
    La panique qu’elle avait réussi à contenir tant bien que mal monta d’un cran. Elle serra les dents pour les empêcher de claquer, à s’en faire mal aux mâchoires. Les larmes aux yeux, elle éteignit d’un geste rageur la télévision. Le silence qui s’ensuivit l’oppressa davantage. Elle tendit l’oreille en se demandant ce qui pouvait bien se passer dehors, dans la nature. Rien, pas un bruit ne lui parvenait. Juste un calme sinistre et terrifiant, le calme d’avant la tempête. Le cœur glacé, redoutant le pire, elle s’approcha d’une fenêtre et scruta l’extérieur. Aucun mouvement, pas le moindre oiseau dans le ciel. Rien ne bougeait, tout semblait figé. Ce qu’elle voyait lui faisait penser à un paysage sans vie, une nature morte…
    
    Elle n’en pouvait plus d’attendre sans rien faire, enfermée chez elle, dans son chalet, à se morfondre en broyant du noir. C’était peut-être idiot, mais elle ...
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