1. Equinoxe sextraordinaire


    Datte: 17/04/2024, Catégories: fh, forêt, amour, fantastiqu, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... préférait sortir, marcher dans le bois voisin qu’elle aimait tant. Peut-être que cela dissiperait un tant soit peu la tension qui l’accablait et lui éclaircirait les idées…
    
    L’effet bénéfique escompté ne se produisit pas, bien au contraire. Sa promenade ne fit que renforcer sa profonde affliction. Aucun souffle d’air, ni bruissement de feuilles. Pas le moindre bourdonnement, ni pépiement, pas un seul animal, fût-il insecte ou autre. La végétation était ternie, flétrie, les arbres avaient perdu une partie de leurs feuilles qui jonchaient le sol, desséchées. La nature tout entière semblait vidée de toute substance, moribonde à l’instar du temps.
    
    Elle n’y avait plus aucun espoir, se répétait-elle comme un leitmotiv, en marchant droit devant elle comme un automate.
    
    Brusquement quelque chose attira son attention. Quoi, elle n’aurait pu le dire. Intriguée, elle regarda autour d’elle, sans savoir ce qu’elle cherchait. Un immense chêne au tronc imposant se dressait sur sa droite. Comme tous les autres arbres du bois, sa frondaison était clairsemée et fanée, ses branches affaissées comme si elles n’étaient plus capables de supporter leurs propres poids.
    
    Au début, elle ne le remarqua pas. Mais ses yeux, comme captés par une force invisible y revenaient sans cesse. Au pied de l’arbre, à moitié enseveli par les feuilles mortes, allongé entre deux épaisses racines noueuses, gisait un corps inanimé. Le moment de stupeur passé, elle se précipita et ce qu’elle découvrit la ...
    ... stupéfia. Elle mit plusieurs secondes avant d’en croire ses yeux. Il s’agissait d’un homme nu. Ses cheveux longs et hirsutes, éparpillés autour de sa tête, étaient gris argenté. Sa peau livide, parcheminée, était toute fripée. D’innombrables tatouages représentant des symboles cabalistiques parsemaient son corps. Sa corpulence indiquait qu’il avait été d’une forte constitution avant que ses muscles ne s’atrophient. Elle n’aurait pu dire s’il était mort ou encore vivant. Alors rassemblant tout son courage à deux mains, elle s’agenouilla et posa l’extrémité de son index tendu à la base du cou à la recherche du pouls. Après un temps qui lui parut interminable, elle perçut un très léger battement.
    
    Il vivait ! Elle ne pouvait pas le laisser là ! Elle devait le ramener chez elle. Avec les évènements qui frappaient le monde, elle ne pouvait compter sur personne et devrait se débrouiller toute seule.
    
    Plus facile à dire qu’à faire ! Lorsqu’elle tenta de soulever le corps, le poids la surprit et elle faillit perdre l’équilibre. Se redressant sur un genou, elle parvint finalement à le hisser sur son épaule. De sa main gauche, elle prit appui sur le tronc du chêne et poussant sur ses jambes, réussit tant bien que mal à se mettre debout. Les chevilles et les pieds de l’inconnu se balançaient mollement sous ses yeux tandis que, alourdie par son fardeau, elle titubait en avançant péniblement sur le chemin.
    
    Elle était épuisée. Ses poumons étaient en feu, ses muscles tremblaient sous ...
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