1. Comme on respire


    Datte: 05/04/2024, Catégories: ff, amour, dispute, jouet, init, nonéro, Auteur: Aventurine, Source: Revebebe

    ... tasse fumante à la main, et reprend sa place à son tour.
    
    — Évidemment, tu me prends pour qui ? Je sais me tenir… J’ai tellement hâte d’entendre sa version des faits, ajoute-t-il d’un ton sarcastique.
    
    Le silence est toujours aussi pesant et n’est brisé que par le pianotement rythmé des doigts de Rodolphe sur l’accoudoir du fauteuil et par le bruit indélicat qu’il produit en sirotant son café. Absorbé dans la contemplation du feu de cheminée, qui commence à faiblir, il ne parvient plus vraiment à adoucir son expression courroucée. N’y tenant plus, Alison jaillit de son fauteuil comme un diable à ressort et disparaît dans la chambre attenante. Elle ne tarde pas à revenir, suivie du regard inquisiteur de Rodolphe, qui se pose incidemment sur les pièces à conviction qu’elle serre entre ses doigts. La sonnette de l’entrée retentit au même moment.
    
    Un courant d’air glacial lui parvient au moment où Alison ouvre la porte à son amie. Rodolphe ne bouge pas un membre et tend l’oreille, l’air de rien. La voix nasillarde de Fabienne résonne dans le vestibule, mais de sa place, il ne peut pas la voir. Cette voix l’a toujours énervé et cela ne risque pas de s’arranger ce soir, pense-t-il en vidant sa tasse. Au moins, le café était chaud, cette fois.
    
    — Brrr, quel froid ! Heureusement que je ne suis pas loin ! Ça va depuis tout à l’heure ? Tu es descendue de ton petit nuage ?
    
    Rire nasillard.
    
    — Oui, c’était très agréable… répond Alison dans un murmure.
    — Oh que oui… Tu as ...
    ... pu les cacher, du coup, avant qu’il… ?
    — Tiens, je te rends ce qui t’appartient… l’interrompt Alison.
    
    Dans le vestibule, un silence de plusieurs secondes, sur fond de chuchotements presque inaudibles. Puis la voix de Fabienne, soudain empreinte de nervosité, retentit à nouveau :
    
    — Très bien, je ne reste pas alors… Tu es sûre que ça va aller ?
    — Oui, ne t’inquiète pas. Je lui ai tout raconté. J’ai réussi, juste ce qui s’est passé, comme tu m’as dit…
    — C’est vrai, ma puce ? Je suis fière de toi, tu vois que tu peux y arriver. Viens par là…
    
    De son fauteuil, au fond duquel il reste terré, à l’affût du moindre son, Rodolphe ne voit rien de ce qui se passe dans le vestibule. Cela l’agace au plus haut point.
    
    Il croit distinguer des bruits de baisers, quelques soupirs étouffés. Il se lève et franchit à pas feutrés les quelques mètres qui le séparent de l’entrée.
    
    Jamais vérité ne lui a paru si difficile à affronter. Les deux femmes sont enlacées et s’embrassent langoureusement. Cela l’agace au plus haut point. Sentant sa présence, elles interrompent leur étreinte. Il contemple Fabienne poser un dernier baiser sur les lèvres d’Alison et effleurer délicatement sa joue.
    
    — Tu veux vraiment ma version de l’histoire ou est-ce que ça suffira ? lui demande Fabienne avec mépris. Elle le dévisage de ses grands yeux bleus, attendant une réaction, avant de passer le seuil de la porte sans se retourner.
    
    Rodolphe reste planté dans le courant d’air glacial, bras ballants. Sa ...
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