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Comme on respire
Datte: 05/04/2024, Catégories: ff, amour, dispute, jouet, init, nonéro, Auteur: Aventurine, Source: Revebebe
... fait, c’est ça ? Drôle de méthode pour y parvenir, mais vas-y, ça va détendre l’atmosphère, peut-être même m’émoustiller autant que toi ! D’ailleurs, ça tombe bien, on devait profiter de notre soirée en amoureux, pas vrai ? — Tu ne me croiras pas… Fabienne sent les larmes lui monter aux yeux. Rodolphe reste penaud lorsqu’il s’en aperçoit. Il s’en veut soudainement d’avoir poussé le bouchon si loin, car il ne cherchait absolument pas à la faire pleurer. D’ailleurs, c’est la première fois qu’elle craque pendant l’une de ses crises. Habituellement, elle garde un sang-froid remarquable, quoi qu’il arrive, quelles que soient les réactions d’incrédulité éventuelle qu’elle suscite chez ses interlocuteurs. Elle l’a toujours impressionné pour ça. C’est peut-être un trait caractéristique de son problème. Il posera la question au thérapeute la semaine prochaine. Lui, il ne sait pas mentir. Ou très mal. Enfin, en dehors de son travail de commercial volubile. D’ailleurs, il s’est toujours étonné de ce paradoxe. Vanter les mérites plus ou moins réels d’un article, il a toujours su faire. Mais pour se trouver une excuse bidon, un prétexte pour se tirer d’un mauvais pas, il a toujours galéré. Il s’est souvent fait la réflexion qu’il aurait facilement pu se faire prendre à plusieurs reprises suite à ses escapades adultères. Juste à son air un peu gêné ou à sa voix teintée d’hésitation. La fois où il est rentré un peu trop tard de ce soi-disant bowling entre potes, contrairement à ses ...
... habitudes de couche-tôt. Ou encore celle où il a oublié d’effacer l’historique du GPS du break familial et a dû monter un scénario de toutes pièces, assis sur le siège passager à côté d’une Alison plutôt perplexe. Il est tête en l’air et il sait pertinemment que cela le mènera à sa perte. Le comble, c’est que sa femme est dotée de ce talent, certes un peu envahissant au quotidien, et qu’elle n’en profite même pas pour aller voir ailleurs… — Non, ne pleure pas, s’il te plaît… Excuse-moi. Je ne voulais pas te blesser. Mais comprends-moi, je suis surpris, en colère aussi… Rodolphe se lève à nouveau, saisit la boîte de mouchoirs posée sur la table de la salle à manger et la tend à Alison avec un sourire qui se veut rassurant. — Ça va aller… Allez, raconte-moi la fin de ton histoire, et après, on ne parle plus de tout ça pour ce soir. Je crois qu’on est fatigués tous les deux. Alison s’essuie les yeux et froisse son mouchoir, qu’elle serre nerveusement au creux de sa paume. — Tu sais, c’est important pour moi de te raconter tout ça… Je ne pensais pas, avec Fabienne, tu vois… En plus, je prends sur moi pour ne te raconter que la stricte vérité. — Oui, la vérité… Je t’écoute, mon cœur, finis ton histoire. Rodolphe s’est entendu prononcer cette phrase et se sermonne en son for intérieur. Mon Dieu, faites que son histoire soit au moins excitante, à défaut d’être vraie ! Soudain, il entend un téléphone vibrer sur la table basse devant lui et se penche pour y lire ...