-
Le retour
Datte: 10/03/2024, Catégories: vacances, jalousie, dispute, nonéro, mélo, rupture, regrets, Auteur: Bichou, Source: Revebebe
... sois pas parano. Il est certainement préoccupé par ce déplacement. Si tu veux, je téléphonerai à Charles pour en savoir un peu plus. J’appelle Charles. Je raccroche après les mamours, nous promettant le nirvana au retour. J’informe Mathilde mais elle est sceptique. C’est une bien bizarre coïncidence. Elle téléphone au bureau de Paul et a sa secrétaire en ligne. Elle confirme qu’il est parti en mission et ne reviendra en principe que le samedi. S’agissant des enfants, il lui a expliqué les avoir conduits chez leurs grands-parents paternels où ils se feront choyer, dixit Paul. Mathilde m’a paru rassurée. Finalement, cela tombe plutôt bien, m’explique-t-elle, elle va pouvoir se travailler et retrouver un peu d’apaisement. Elle a l’air vraiment perturbée. Parce qu’elle a eu un amant ou parce qu’elle a eu très peur ? La semaine s’écoule. Nos amants sont revenus de l’hôpital, marchant en canard. C’était extrêmement drôle, mais eux n’étaient visiblement pas heureux de leur aventure. Leur costume trois-pièces était plus que mal en point et l’évolution n’était pas forcément celle espérée. Ils n’ont en tout cas pas essayé de nous sauter, forcément, vu leur blessure de guerre ! Ils sont partis comme ils sont venus, sur leurs machines rutilantes et vrombissantes. Il n’y a pas eu d’adieux, seulement un salut sans retour. Ils ne se sont pas accrochés. Je me réveille avec un mal de crâne colossal, comme si je sortais d’une nuit de débauche. Bien ...
... vite, le souvenir me rattrape. Ma colère s’est estompée pour faire place à une profonde tristesse et un sentiment de gâchis énorme. Quelle suite à présent ? Que faire ? Pardonner ? Je ne pourrai plus jamais la regarder sans la voir se faire chevaucher. Je ne pourrai plus jamais oublier ses cris de jouissance. Je ne peux accepter que dix-sept années de mariage soient ainsi bafouées sans remords, salies et foulées au pied. C’est la première fois qu’elle part aussi longtemps. Je ne pourrai plus jamais lui faire confiance. Elle a ouvert un puits sans fond. C’est bien connu, c’est le premier pas qui compte. Me venger ? Je ne veux pas lui faire de mal, ce ne serait que satisfaire mon orgueil blessé. De fait, j’ai déjà un peu assouvi une vengeance en corrigeant ces deux salauds. La violence n’est pourtant pas ma tasse de thé mais les circonstances ont dirigé ma réaction. Peut-être aurais-je dû me découvrir ? Mais avec des si… En attendant, je ne veux plus la voir. Lundi : je passe en vitesse à l’entreprise. Je vais voir mon patron et dépose une demande de congé pour la semaine. Après quelques explications, je lui demande de faire courir l’information selon laquelle il m’a envoyé en mission en Espagne. Il accepte. Je passe à mon bureau pour prendre mon portable. Je croise ma secrétaire. — Paul, tu as une mine à faire peur. Que se passe-t-il ? — Mathilde a un amant. Je les ai surpris en plein exercice. C’est très dur. — Oh ! je comprends, dit Claire. Que vas-tu ...