1. Ode à un petit maillot rouge.


    Datte: 09/03/2024, Catégories: Rêverie, Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... Hollywood and Co… Quel âge pouvais-tu avoir ? Vingt-cinq ans ? Guère plus en tout cas !
    
    L’âge idéal pour filer le blues à ceux qui ont eu le bol d’en avoir fait le double… et qui en redemandent : « Garçon, s’il vous plaît ?… La même chose ! »
    
    La photo en elle-même était intéressante et accrochait immédiatement le regard… celui qui l’avait prise n’était pas sans talent. Et le choix qui en avait été fait disait beaucoup aussi.
    
    Elle avait été prise dans le décor sobre et de bon goût d’un intérieur aux murs blancs, sur lequel le motif sensuel de ton merveilleux corps doré, sublimé par les trois taches écarlates du petit maillot dessinait ses arabesques charnelles aussi délicates qu’inattendues.
    
    Tu étais arrêtée dans une pose qui me fit penser que tu avais été photographiée alors que tu dansais… ça aussi me parlait… La manière de tenir tes mains dans une tension attentive et délicate…
    
    Tes cheveux bruns tirés en arrière dégageaient ton beau visage aux traits purs qui se tournait de trois quarts, légèrement incliné, et tes yeux presque fermés ombraient de leurs longs cils tes pommettes hautes. Ta belle bouche, sans fard, avait une expression réservée… chaste. Ton long cou gracile ajoutait encore à l’impression de grâce délicate que dégageait ton corps sublime.
    
    Tu tenais tes jambes au galbe troublant, légèrement écartées et fléchies, le creux à l’intérieur de tes cuisses se tendait de part et d’autre du renflement de l’émouvant calice que cachait le triangle rouge ...
    ... du petit maillot.
    
    Petit Maillot Rouge, Tu paraissais si vraie. Antithèse des petits caniches qui posent à longueur de pages, dans ces rubriques accrocheuses, leurs mèches savamment arrangées, le sourire aguicheur, ou affichant une moue vicieuse, ou mieux encore, comme ça se fait beaucoup, tirant la langue dans une posture d’ado attardée tout en exposant leur anatomie comme dans un bouquin de médecine… ou un étal de boucher. Photos à deux balles, pour faire bander le beauf.
    
    Souvenir qui remonte… de la toute première fois où un copain dont le père imprimeur au journal local, profession qui nous semblait tenir un peu de la magie, nous fit dégringoler dans les délices du vice… ! Je repensais, les revoyant presque, à ces « bouquins de cul » qu’il avait « empruntés » à son paternel et qu’il nous avait apportés, prenant des précautions de receleur. Je revoyais les photos en noir et blanc avec leurs modèles au sourire niais et leurs chattes trop poilues… expérience fondatrice partagée avec les potes, cachés de peur qu’« on » nous voie, au fond d’un entrepôt désaffecté pour les feuilleter. Une de ces premières transgressions qui faisaient de nous des mecs !
    
    Ce que j’avais, là, sous les yeux, était la photo d’une beauté sage.
    
    C’était pourtant la photo de ce qu’il est dans les milieux qui s’autorisent à juger verticalement, une pute… Transversalement, une femme… peut-être la leur… cette photo m’avait accroché dès que j’ouvris la page. La vignette n’était pourtant pas bien ...