1. L'étalon aiguille (Tome 3) (7)


    Datte: 16/01/2018, Catégories: Transexuels Auteur: Sam Botte

    "Please, forgive me"
    
    Il était un peu plus de onze heures quand nous trouvâmes une place pour garer la voiture. Nous effectuâmes à pied les quelques centaines de mètres qui nous séparaient de l’un des sex-shops cannois. Bien que le quartier soit moins animé à cette heure que la nuit, ou plus exactement, qu’il ne le soit pas par la même faune, plusieurs hommes s’arrêtèrent pour se retourner sur notre passage et nous dévisager sans retenue.
    
    Le vendeur était seul et feuilletait son journal quand nous entrâmes. Tout en nous disant bonjour, son regard oscillait du long manteau de fourrure de Tiff’ au court blouson qui "surlignait mon joli petit cul" comme elle disait. C’était celui, en fourrure blanche lui aussi, qu’elle portait le jour où elle était venue me chercher à l’aéroport.
    
    — Je peux vous renseigner, peut-être?
    
    — On regarde, on regarde…
    
    Malgré cette fin de non recevoir, il se leva et quitta son comptoir. Nous nous étions approchées des bacs dans lesquels étaient rangés plusieurs modèles de godemichés. Je soufflai à l’oreille de Tiff’ qu’il venait vers nous, mais que c’était certainement plus pour pouvoir nous mater que réellement pour nous aider. En tournant sa tête, elle frôla "accidentellement" mes lèvres avec sa bouche.
    
    Constatant que nous semblions hésiter devant le choix qui nous était offert, l’homme revint à la charge.
    
    — Vous cherchez un gode?
    
    — Pardon? … Oui.
    
    — Quel genre vous voulez? C’est pour faire un cadeau ou c’est pour vous?
    
    — ...
    ... Je vous trouve bien curieux !
    
    — Excusez-moi ! Vous savez, moi, je fais ça pour aider, hein…
    
    — C’est gentil, merci…
    
    — Pour répondre à votre question : c’est pour nous !
    
    Une fois n’est pas coutume, Tiffanny fut surprise par le franc-parler et le naturel avec lequel les mots étaient sortis de ma bouche. Il recula de quelques pas sans cesser de nous examiner des pieds à la tête. En souriant avec une mimique d’effroi, je montrai à ma compagne un dong à la limite du monstrueux. Elle éclata de rire et me répondit en désignant un olisbos en métal argenté.
    
    — Je préfère celui-là, ça ferait presque "objet précieux" !
    
    — Ça peut devenir un objet précieux… Oh ! Regarde celui-là : rose fluo et translucide… Enfin, là, je ne vois pas vraiment l’intérêt !
    
    — Détrompez-vous ! C’est justement pour ça que je vous demandais si c’était pour offrir.
    
    Nous étions bien toutes les deux sur la même longueur d’ondes, nous voulions quelque chose qui soit le plus réaliste possible, en taille autant qu’en texture ! Nous hésitions juste entre deux modèles qui se ressemblaient beaucoup, mais qui présentaient néanmoins une grande différence de prix. Tiffanny tenait en main la boite du moins cher, et moi j’avais saisi l’autre.
    
    — Attends Sam ! Une telle différence juste pour pouvoir l’attacher, ça fait un peu beaucoup, tu ne trouves pas?
    
    — OK, ça fait cher, mais moi, je pense que ça vaut le coup.
    
    Le vendeur, qui n’attendait manifestement que ça, se rapprocha alors de nous.
    
    — ...
«1234»