1. Sérénades


    Datte: 13/02/2024, Catégories: fh, jeunes, école, amour, nonéro, rencontre, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... filles jalousent l’obscur objet de son désir !
    
    De plus, comment oser avouer que c’était elle l’objet de la flamme du tapageur nocturne ? C’est un coup à ternir définitivement une réputation, d’autant qu’Annabelle n’a certainement pas demandé qu’on se meure ainsi d’amour pour elle. Des bouquets de fleurs, des restaurants, des sorties, oui. Des sérénades surannées, non !
    
    Et puis, avec les partiels, Annabelle a autre chose à penser, donc elle laisse vite tomber.
    
    Un mois plus tard après la fin des sérénades, alors qu’elle se dirige avec son amie Érica vers la bibliothèque, Annabelle aperçoit au lointain son ex-soupirant. Elle découvre aussi que son guitariste amouraché est manifestement en couple avec une autre étudiante, et que ça semble vraiment bien fonctionner entre eux.
    
    Intriguée, elle se tourne vers Érica qui est une spécialiste des bruits de couloir :
    
    — C’est un nouveau couple, ces deux-là ?
    — Oh, ça va faire quelques semaines que ces deux-là sortent ensemble, presque un mois à la louche. Lui, il est connu, c’est le type qui faisait chaque soir la sérénade au bloc C. T’as dû l’entendre plusieurs fois, non ?
    
    Restant impassible, Annabelle fait l’ignorante :
    
    — Aaah… c’est lui ? Et c’est à elle que c’était destiné ?
    — Naaan, c’est pas à cette fille-là que tout ce tintouin était destiné !
    — Ah bon ?
    
    Érica explique ce qu’elle sait ou croit savoir :
    
    — Nan-nan, elle a fondu pour ce type pour son côté romantique et… euh… entêté, ceci dès le début ...
    ... de tout ce cirque musical.
    — Ah bon ?
    — Oui ! D’après ce que j’ai entendu, quand elle a compris que le garçon avait renoncé, alors elle lui a carrément sauté dessus pour le consoler ! Mets-toi à la place du gus : trois mois de sérénade pour des prunes ! Enfin, oui et non, puisque c’est quand même grâce à ça qu’il a récupéré sa nouvelle copine.
    
    En elle-même, Annabelle se dit :
    
    — Non, trois mois moins deux jours ! Il ne lui restait plus que deux jours ! Deux malheureux jours !
    
    Les regardant s’éloigner, Érica se met à rire :
    
    — C’est quand même fou, ce truc ! Le garçon fait une cour de taré à une fille, et c’est finalement une autre fille qui décroche le pompon ! Et en plus, ça s’est passé sous nos yeux ! C’est dingue, j’aurais jamais cru assister à une histoire pareille ! Une copine m’aurait raconté ça que je lui aurais dit qu’elle affabulait ! Le pire, c’est qu’on ne sait toujours pas à qui c’était destiné, tout ce cirque ! Bah, ça me fera des souvenirs à raconter dans cinquante ans !
    — Ce… c’est peu commun… en effet…
    
    Crispée, Annabelle les regarde s’éloigner, visiblement heureux d’être à deux, l’un à côté de l’autre, main dans la main. Érica surprend son regard rivé sur le nouveau couple :
    
    — Sont-y pas mignons, c’est deux-là ? Oui, ça fait un peu nunuche, mais bon, y en a qui aiment.
    — Oui, la preuve…
    — T’as raison, faut de tout pour faire un monde ! Ah oui, j’oubliais : c’est à elle qu’il fait maintenant ses sérénades, mais en sourdine, en privé, sans ...