1. Sérénades


    Datte: 13/02/2024, Catégories: fh, jeunes, école, amour, nonéro, rencontre, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... filles dans le bloc C, il y en a des tas. Pareil pour des Isabelles.
    — Pourquoi tu parles des Isabelles ?
    — Parce qu’il fait souvent allusion à sa Belle. C’est peut-être un jeu de mots…
    
    Durant ce même temps, certains étudiants (masculins) du bloc commencent à être agacés par cette présence quotidienne, car même si chaque concert ne dure jamais trop longtemps, ils se plaignent ouvertement pour diverses raisons : parce que ça les dérange au milieu d’une révision, parce que le chanteur ne chante pas vraiment juste et qu’il fait souvent des couacs, parce qu’ils ont récupéré des reproches plus ou moins voilés de la part de leur petite amie sur leur manque de romantisme.
    
    Et parfois les trois en même temps.
    
    De façon implicite, les hommes sont censés être solidaires entre eux, pas de jouer les super-romantiques ! Parce que, si maintenant, il faut offrir des fleurs, des boîtes de chocolat, des balades (avec un L) romantiques, des ballades (avec deux L) qui le sont tout autant, et s’il faut être les Princes Charmants de ces Exigeantes Princesses, on ne s’en sort plus !
    
    — Dis, Bernard, tu sais qui c’est, la fille que ce crétin espère conquérir ?
    — Ben non… Des filles dans le bloc C, il y en a des tas. Tout comme des Isabelles.
    — Hé, des Isabelles ? Pourquoi tu causes de ça ?
    — Réfléchis un peu : il fait souvent allusion à sa Belle. C’est peut-être un jeu de mots… En attendant, à moi aussi, ce chanteur à la noix commence sérieusement à me les briser ! Ma copine ...
    ... commence à me regarder de travers !
    
    Les jours se succédant les uns après les autres, les soirées chantantes aussi, certains jeunes hommes commencent à lancer au troubadour improvisé des regards mauvais, ainsi que des réflexions désagréables, lorsqu’ils passent à côté de lui sur le campus.
    
    Mais l’amoureux n’en a cure, il est aveugle à tout ce qui n’est pas l’objet de sa flamme, il continue inlassablement à revenir à chaque tombée de la nuit pousser la chansonnette sous son arbre, avec un parapluie s’il le faut.
    
    Puis un mois s’est coulé, sans aucune réponse de l’objet du désir…
    
    De plus en plus de garçons l’avaient mauvaise :
    
    — Attends, cette andouille pousse la chansonnette depuis un mois sans résultat et il continue ? Il est carrément maso ou quoi ?
    — Quand un type est mordu, il est souvent très mordu. Tiens, comme toi, avec Fabienne…
    — Oui, bon, OK, mais pas au point d’aller gratter ma guitare chaque soir pour des prunes ! De toute façon, je ne sais pas jouer de la guitare !
    
    Un premier étudiant a craqué, après une sombre histoire de reproche pour absence de romantisme de son ex-copine qui lui a tourné le dos. Dépité, le cœur en morceaux, il a voulu se battre avec le troubadour pour lui expliquer sa façon de voir les choses et se soulager. Heureusement, il en a été empêché.
    
    — Fais pas le con, Antoine !
    — Oui, fais pas le con, ça n’en vaut pas la peine ! Et puis, une de perdue, dix de retrouvées !
    — Tes dix autres, je m’en fous ! C’est Marise que je veux ! Ma ...
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