1. Les disparus de l'Alcyon


    Datte: 10/02/2024, Catégories: froid, cinéma, bateau, nonéro, historique, policier, historiqu, aventure, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... volutes de vapeurs s’échappant du tréfonds de gouffres invisibles pour venir se répandre en surface. Une terre aux grondements sourds, aux détonations engendrées par des explosions souterraines.
    
    Une terre faite de glaciers et de roches, balayée par les vents, une terre imparfaite.
    
    L’Alcyon allait rester en rade quelques jours à Faskrudsfjordr. On avait besoin de s’organiser, de se réapprovisionner, notamment en eau potable.
    
    Les marins enterrèrent le corps de leur compagnon et s’oublièrent dans l’alcool pour ne plus penser, l’ivresse ne facilitant pas la réflexion. Ils firent un grand repas pour se ragaillardir et avec lui l’anxiété s’évanouit.
    
    Minos paraissait avoir atteint ses objectifs, l’angoisse qui habitait l’équipage de l’Alcyon s’était peu à peu estompée.
    
    Cela faisait déjà une semaine qu’ils avaient fait escale et cela ne pouvait perdurer. Le spectacle d’un hiver finissant qui se languissait s’offrait à tous. Les sources d’eau chaude, les glaciers recouvrant les montagnes, les torrents impétueux dévalant les collines, les plages de sable sombre, parce que coloré par les cendres volcaniques, formaient un décor inquiétant, peu rassurant, mais avant tout merveilleux, un endroit où l’imaginaire pouvait se complaire.
    
    Tandis qu’ils regagnaient la goélette en chantant, à l’approche du rivage, ils aperçurent une forme flottant sur l’eau.
    
    — C’est un noyé ! s’écria François Becuwe.
    
    Minos s’approcha de la forme inerte prête à échouer sur la grève…
    
    — ...
    ... Bon sang ! C’est Gérard Vanhille !
    
    Le capitaine constata que lui aussi avait été victime d’un coup de couteau.
    
    L’énergie et l’optimisme accumulés durant toute cette semaine passée à terre s’évanouirent en quelques secondes. Les visages s’assombrirent tandis que celui du capitaine blanchit.
    
    Durant tout ce temps passé sur terre, Minos n’avait pas quitté des yeux les principaux suspects : l’Indien et l’Ours. Il était clair qu’Enn Padishah ne pouvait être à l’origine de ce nouveau meurtre. Il avait suffi de deux heures hors de portée de la vue de Minos pour que quelqu’un tue L’ours, Gérard Vanhille.
    
    Tandis que les autres marins s’affairaient à le sortir de l’eau et commençaient à discuter, à monter le ton, le capitaine se faisait le film de la journée. Il pouvait aisément enlever de la liste des suspects en sus de l’Indien, Albert Dranke, le tonnelier, qui était resté constamment avec le capitaine.
    
    Que faisait Gérard Vanhille si loin du campement ? Le capitaine se souvint que ce dernier était allé vérifier le canot sur la berge et retirer la bâche en vue de regagner la goélette. Il y était allé en compagnie du mousse et de son père Raymond.
    
    Se pouvait-il que le mousse ait laissé son père seul avec l’ours ? Se pouvait-il que le père et le fils aient laissé Gérard seul ? Minos regarda autour de lui comme si la nature sauvage des lieux allait lui donner la réponse.
    
    Elle resta neutre. Il n’y avait rien à attendre d’elle, la nature est le témoin de l’horreur, de ce ...
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