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Tout se joue le 18 juin.
Datte: 31/01/2024, Catégories: revede, nonéro, portrait, merveilleu, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
... centaines de mètres qui séparent mon camp de l’auberge de Placenoit me suffisent pour être trempé. Sous la tente, quelques effets sont au sol inondé et seront donc inutilisables. Je maudis un peu mon manque d’anticipation. Cela dit, je ne suis pas habitué aux pluies, elles sont si rares chez moi. Je ne trouve pas le sommeil, hanté par cette image qui ne me quitte plus, bercé par le chant de sa voix que je conserve au plus profond de mon cœur, pénétré par ce regard si intense et si innocent à la fois. Je revis cette soirée, j’imagine de nouvelles conversations et espère la revoir un jour. Si je survis à la bataille à venir. Je me répète son prénom : Marie ! Marie. Est-ce la sainte, adulée des chrétiens ? Est-ce son incarnation ? oooo0000oooo Je pense m’être assoupi une petite heure avant que ne sonne le clairon du campement. Mes vêtements sont détrempés. Je déteste cette sensation que de devoir ré-enfiler des affaires sales. Mes autres vêtements ayant été au sol, ils sont encore plus mouillés que ceux que je portais hier. Je dois attacher mon sarouel rouge à la taille avant qu’il ne tombe à mes pieds. J’enfile ma Béniche et mon Yalek4. Enfin, je me coiffe de ma cahouk verte, la couleur du prophète. C’est dans l’humidité matinale que je fais mes ablutions et me tourne vers la Mecque. Commence ma prière silencieuse sous le regard parfois amusé et parfois interrogateur de mes frères d’armes. Tandis que je parle en tête à tête avec Allah, un prénom me ...
... revient :Marie. Rien ne peut m’empêcher de parler de ma rencontre avec le Créateur, le Très Miséricordieux. Habituellement, je ne fais que remercier mon Maître de tout ce qu’il m’offre, je n’exige rien, je ne demande rien, je me contente de prendre ce qu’il m’offre. Mais, aujourd’hui je l’en conjure, je le supplie : — Mon Dieu, je te donne ma force, mon essence et ma vie sans réserve, sans rien demander en retour que ton amour et ta bienveillance. Je n’exige rien ô Tout Puissant, je m’adresse avec le cœur, accorde la prière de ton fidèle. Permets-moi de revoir Marie. Bien sûr, je pense à l’entretien que je vais avoir d’ici quelques minutes avec Napoléon lui-même, nul doute qu’il est déjà au courant de la rixe et de mon implication et derrière cette prière « permets-moi de revoir Marie », il y a cette demande de me laisser vivre. L’Aigle, entouré de sa garde et de son état-major, en grande discussion avec le général Ney, ne me jette même pas un regard lorsque j’entre à l’auberge « La belle-Alliance ». Il est prêt, le grand conquérant, magistral, sublime, rayonnant et je lui trouve une grandeur qu’aucun homme ordinaire ne pourrait acquérir. Je ne suis pas devant un homme comme nous autres, on peut parler de supériorité, je fais face à un homme choisi par le destin. Juste après avoir congédié le général, il se tourne vers moi et le sourire qu’il a en ce matin de bataille s’estompe un peu. Je vais à sa rencontre et le salue avec respect et déférence. — Ah! Mon cher ...