1. 0326 Ce quelque chose qui n’appartient qu’à nous (partie 1).


    Datte: 24/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... promesses. La mise en vente des tickets se fait sur Internet, et il faut aller vite, car ça part comme des petits pains. Je demande à Elodie si elle veut m’accompagner à Bercy. Elle me répond qu’elle adorerait pouvoir venir avec moi, « comme au bon vieux temps ». Mais elle ajoute que Lucie est encore trop petite, et qu’elle ne peut pas encore la laisser la nuit.
    
    — Pas de problème, je comprends, je lui réponds, en essayant de cacher ma déception de ne pas pouvoir partager ce moment avec elle.
    
    Le souvenir de notre folle virée londonienne d’il y a trois ans revient aussitôt à ma mémoire, la nostalgie de notre complicité de cette époque me percute de plein fouet. Je sais que depuis qu’elle est maman, sa vie a changé. L’important, c’est qu’elle soit heureuse, et je suis heureux pour elle. Et je comprends bien que son nouveau bonheur s’accompagne de nouvelles responsabilités, de nouvelles obligations.
    
    Mais la relation que nous avions me manque. Aujourd’hui, nous nous voyons beaucoup moins qu’avant. Et quand nous nous voyons, c’est toujours en présence de son mari et sa petite fille. Philippe est charmant, Lucie est adorable, ce n’est pas le problème. Mais en leur présence, notre complicité n’est pas la même. Nous ne nous confions pas comme nous le faisions, car nous n’en avons plus l’occasion.
    
    Le fait est que le centre de gravité de la vie de ma cousine a bougé. Maintenant, une grande partie de sa vie tourne autour de son mari et de son petit bout de chou. Je le ...
    ... comprends.
    
    D’ailleurs, j’ai aussi une partie de responsabilité dans l’évolution de notre relation. Pour mes études, j’ai mis 300 bornes entre elle et moi. Aussi, j’ai essayé de passer le plus de temps possible avec Jérém. Lorsque nous étions séparés, j’ai rencontré d’autres gars. Je ne suis pas monté à Toulouse autant que j’aurais pu le faire. Et au cours de la dernière année, la convalescence de Jérém m’a absorbé H24. Bref, autant que ma cousine, mon centre de gravité a bougé.
    
    Mais malgré la distance, physique et affective, je sais que nous nous aimons toujours autant. Je le sens. Et Elodie trouve toujours le moyen de me le montrer.
    
    Un jour, elle m’a lancé, au détour d’une conversation :
    
    — Tu le sais que tu es mon cousin préféré ?
    
    — C’est facile pour toi, je suis ton seul cousin ! je lui ai répondu.
    
    — Il y en aurait cent, mille, un million, tu serais toujours mon préféré, elle a insisté.
    
    — J’ai beaucoup de chance d’avoir une cousine comme toi !
    
    Je pense que notre complicité n’a pas changé tant que ça. Le fait est qu’avec les changements de direction de nos vies, elle a moins d’occasions pour l’exprimer. Le changement de nos relations avec nos proches nous donne la mesure du temps qui passe.
    
    Du coup, comme elle ne peut pas m’accompagner au concert, je choisis une destination plus « exotique ». Ce sera donc Lisbonne, lors du dernier concert de la tournée, le 14 septembre. J’achète le ticket sur Internet. Et le long compte à rebours commence dès l’instant où ...
«1234...24»