1. Histoire des libertines (99) : Tullia d’Aragon, la courtisane philosophe


    Datte: 09/01/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... sonnets flatteurs et qui finit par succomber à ses avances, suivi rapidement par le reste de l'élite culturelle. Tullia transforme sa maison en une école philosophique et continua à prospérer comme « écrivain sérieux ». Après cela, Tullia retourne à Rome où elle meurt en 1556.
    
    FEMINISTE AVANT L’HEURE
    
    À une époque où la pensée intellectuelle était confinée à l'homme, Tullia a été décriée comme une femme qui a profané les idéaux esthétiques, les limites de son sexe. Avant-gardiste, elle considère que les hommes et les femmes sont fondamentalement égaux.
    
    Tullia détonne par sa liberté. Ce qu’on lui reproche surtout est de ne pas rester à sa place, de ne pas porter les attributs des prostituées et de s’afficher comme une femme honorable.
    
    Elle a été dénoncée aux autorités trois fois et a réussi à s'en sortir grâce à ses relations avec les puissants et ses amis bien placés. En 1547, elle est à nouveau inquiétée pour non-respect des lois somptuaires qui obligent les courtisanes et prostituées à porter un voile jaune, discriminant. Cette fois, elle fait appel à Eléonore de ...
    ... Tolède et à son époux Cosme de Médicis, qui exemptent Tullia du port de ce voile, en raison de ses « connaissances rares en philosophie et en poésie ».
    
    Bien des riches patriciennes des cités italiennes devaient envier la liberté de Tullia. Une ancienne prostituée est devenue l’une des actrices majeures de la Renaissance des arts et des lettres. Elle règne sur une société sans en accepter les codes et en courant le risque d’être rejetée.
    
    Tullia vivait de ses charmes, s’en servant pour mener une vie confortable, s’offrant le plaisir de disserter savamment des choses de l’amour.
    
    Dans ses « dialogues », elle écrit : « Qui ne veut encourir aucun blâme ne devrait rien entreprendre ». Tout un programme, auquel je ne peux que souscrire !
    
    REFERENCES :
    
    Marc Lemonier a consacré un chapitre à Tullia d’Aragon dans « La petite histoire des courtisanes » (Editions Jourdan, 2018).
    
    Outre l’article de Wikipédia, je renvoie aux liens suivants :
    
    • http://laplumedeloiseaulyre.com/?p=13198
    
    • http://autourdemesromans.com/une-courtisane-poetesse-de-la-renaissance-tullia-daragon/ 
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