1. Histoire des libertines (99) : Tullia d’Aragon, la courtisane philosophe


    Datte: 09/01/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... acharnée d'Europe, avec à l'époque près de 100 000 courtisanes, ce qui ne l'empêcha pas de séduire le meilleur poète de la ville, Bernardo Tasso (1493-1569).
    
    En 1537, Tullia vit à Ferrare qui était à l'époque la capitale des arts et de la culture et c'est là que ses compétences pour les relations publiques atteignirent leur apogée et c’est ainsi qu’elle conquit la ville avec son extravagance, le chant et les divertissements.
    
    Deux géants de la littérature italienne, Girolamo Muzio (1496-1576) et Ercole Bentivoglio (1507-1573), tombent simultanément amoureux d'elle. Muzio écrivit pour elle cinq ardentes églogues en la désignant par le nom de Thalia, tandis que Bentivoglio alla jusqu'à graver le nom de Tullia sur chaque arbre de la rivière Pô. Quand quatre ans plus tard elle quitta Ferrare, plus d'un homme tenta de se suicider pour elle !
    
    En 1543, elle épouse Silvestro Guicciardi, de Ferrare. Ce mariage lui permit d'obtenir des somptueuses résidences, des toilettes et de surmonter les restrictions supportées jusque-là. De ce mariage naitra un fils, Celio. Ce mariage lui donne une honorabilité qui lui permet de se consacrer à ses véritables penchants, la littérature, la poésie et la philosophie.
    
    AMOUR ROMANTIQUE, POESIE ET LIBERTE DES FEMMES
    
    En 1546, Tullia fuit les troubles de Sienne et arrive à Florence, où elle devient préposée à la cour de Cosme Ier (1519-1574), grand-duc de Toscane. Là elle rédige les « Dialogues sur l'infini de l'amour » (1547), qui est une ...
    ... étude néoplatonicienne avec l'affirmation des femmes, l'autonomie sexuelle et affective dans les échanges de l'amour romantique.
    
    Le livre de Tullia d’Aragon est une belle promenade dans le jardin d’Amour néoplatonicien et de ses multiples perspectives qui élèvent l’âme et l’illuminent. Dans ce court opuscule, nous suivons donc une conversation à la fois galante et philosophique présentée sous la forme d’un entretien autour de trois personnages : Tullia elle-même, l’humaniste et poète Benedetto Varchi et messire Lattanzio Benucci, gentilhomme siennois. Il s’agit d’amis réels qui conversent avec élégance sur des sujets variés, autour de l’amour. Cette œuvre démontre la grande agilité intellectuelle de Tullia. Elle est une des grandes œuvres de la Renaissance.
    
    Dans le même temps, elle écrivit une série de sonnets qui encensent les éminentes qualités de la noblesse florentine de l'époque et célèbrent ses contemporains littérateurs. Cette anthologie démontre les talents de la poétesse.
    
    Sa dernière œuvre, « Il Meschino », est un poème épique, qui concerne les expériences d'un jeune captif, Giarrino, qui a été réduit en esclavage et a voyagé à travers l'Europe, l'Afrique, l'Asie, ainsi que le Purgatoire et l'Enfer, en essayant de retrouver ses parents.
    
    Assumant ses quarante ans, Tullia entreprend avec succès une campagne pour assurer son mode de vie d'alors. Son objectif était la fine fleur intellectuelle florentine, Benedetto Varchi (1503-1565), qu'elle « bombarda » de ...