1. L'escapade du monstre de Frankenstein


    Datte: 03/01/2024, Catégories: laid(e)s, portrait, pastiche, Humour Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... odeurs du pain frais, du chocolat et du café chauds ? Il a une envie irrépressible de chicorée, c’est l’ami du petit-déjeuner.
    
    Il avait pensé que la Mary était une bonne cuisinière, mais visiblement, c’était juste une grosse feignasse.
    
    Bon, c’est pas grave, il allait le préparer lui-même, ce petit-déj !
    
    Il échafauda pour la première fois de sa vie des projets pour son avenir. Cela commencerait par les coutures du visage que Mary dans sa bienveillance atténuerait. Une fois plus joli, il pourrait de nouveau déambuler dans les rues sans faire crier de peur le premier badaud qui passe. Un beau projet plein d’avenir.
    
    Mais que fiche la Shelley ? Ce n’est plus une grasse matinée, ça !
    
    Le monstre commença à s’impatienter. Aussi décida-t-il d’aller la réveiller.
    
    Oubliant que la porte est basse, il se prit de nouveau sur le front une partie du chambranle. Sauf que cette fois il n’avait pas fait semblant, il manqua de tomber dans les pommes. Il tituba et vit les cloches sonner.
    
    Il se tâta le front, ce n’est plus une bosse, mais un bonnet phrygien qu’il avait !
    
    — Ça ne va pas arranger monsex appeal, se dit-il.
    
    Revenant un peu à lui, il se dirigea vers sa bienfaitrice. Cette dernière était encore dans le lit qu’il avait quitté tantôt. Elle ne bougeait plus, ne respirait plus. Elle semblait comme écrasée. Elle était là, livide, la bouche ouverte, les yeux révulsés.
    
    Il ne fallut pas longtemps au monstre pour comprendre le malheur qui se jouait encore une fois ...
    ... de lui. Dans son sommeil, il s’était retourné et avait écrasé la seule personne qui lui avait montré un tant soit peu d’amour !
    
    — Oh ! Crotte ! Flûte ! J’ai vraiment pas de bol, moi ! Pour une fois qu’il y avait quelqu’un pour m’aider ! Je vais encore devoir me farcir cette tronche pour un bon moment !
    
    Ah, quand le sort s’acharne ! Vous avez beau vous débattre, le sort est un pitbull, lorsqu’il croque une proie, il ne la lâche pas.
    
    Le monstre s’adressa au ciel, le maudissant pour n’être qu’un jouet avec lequel le créateur se divertit ! Qu’avait-il fait au monde pour mériter pareil traitement ? Il n’aspirait qu’à de l’amour, et que recevait-il en retour ? Se peut-il que ce ne soit que les âmes pures qui soient continuellement blessées ?
    
    Puis il eut la révélation. Dieu, le grand muet, sortit exceptionnellement de sa retraite et s’adressa à lui :
    
    — Monstre, tu es la preuve que l’homme ne doit pas jouer à se prendre pour moi ! Tu es un deux fois né et je m’en offusque ! Mais comme tu as bon cœur, je ne suis pas intervenu… Pas une seule fois. Et comme tu as pu le constater, tu as une vie bien pourrie !
    — Et vous n’y êtes pour rien ?
    — Non, mon gars, je n’y suis absolument pour rien. Je te le jure ! Tu vois, même le destin s’est offusqué de ta deuxième naissance ! Alors maintenant, va et demande aux hommes d’arrêter de croire qu’ils vaincront la mort ! Y suis-je arrivé, moi ?
    
    Le monstre de Frankenstein avait maintenant un but dans la vie : montrer aux hommes les ...