1. Clinique Saint Roch 1


    Datte: 29/12/2023, Catégories: h, fh, fplusag, médical, Collègues / Travail Masturbation pénétratio, poésie, occasion, Auteur: Volovent, Source: Revebebe

    ... Gagné, j’ai raté ma station ! Et hop, un petit sprint pour ne pas être trop en retard, le patron doit déjà être là.
    
    — Bonjour Henriette !
    — Bonjour docteur !
    — Henriette, je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler docteur, je vais finir par y croire !
    — Allons, docteur, un petit café ?
    
    Plus têtu qu’Henriette, c’est dur. Quand elle a décidé quelque chose, c’est définitif. Je grimpe dans les étages à toute allure pour finir par me cogner sur le patron et la surveillante générale qui ont commencé la visite. Il n’est pourtant que 7 h 55, mais je suis en retard. Le patron me jette un regard noir, et la surveillante me gratifie d’un joli sourire. Elle a beau avoir la soixantaine, elle a toujours beaucoup de charme.
    
    Comme d’habitude, la visite se passe au pas de charge, dix chambres en moins de dix minutes. « Mais comment peut-on, comment peut-on… » comme disait Robert Lamoureux. Et se termine par le traditionnel : « Pour le reste, voyez avec Jean », c’est-à-dire tout le boulot pour moi et la com’ pour lui. Normal.
    
    J’occupe donc la matinée à repasser dans les chambres, voir patientes et patients, savoir comment s’est déroulé le dimanche, quelles familles sont venues rendre une petite visite, quelles sont les pseudos urgences à traiter impérativement avant la semaine prochaine, les douleurs épouvantables à soulager dans la minute…
    
    J’ai toujours eu du mal avec la douleur, la confondant souvent avec la souffrance ; j’ai l’impression d’être démuni devant elle, ou de me faire ...
    ... piéger par le patient. Et puis un jour, j’ai observé leur visage. Depuis, ça va(un peu) mieux.
    
    Je finis depuis la semaine dernière la contre-visite par la chambre 7, chambre attitrée de Mme D, vieille bourgeoisie du XVe, qui nous termine un petit néo des familles, bien généralisé. La soixantaine bien tassée, élégante, un brin charmeuse, elle « aadooore » nos tête-à-tête, pendant lesquels je la drague gentiment. Elle a cette façon de parler « Vieille France », avec un accent magnifique, et des cris épouvantés lorsque je lui sors quelque expression carabine bien salace, chose dont elle raffole. Par exemple :
    
    — Vous avez vu la dernière acquisition de notre surveillante générale ? La petite aide-soignante du deuxième ? Quel beau cul !
    — Ooooh ! Doooocteuuur !! Une acquisition, vous exagérez.
    
    Bref, nous nous entendons bien, je la distrais au milieu de ses douleurs et pensées négatives et elle me fait sourire au milieu de toutes les misères que nous voyons tous les jours. Elle est peut-être pimbêche, mais elle a pas mal vécu en son temps, pas si éloigné que cela finalement. Son mari, m’a-t-elle expliqué, lui a fait deux gosses puis s’est plus ou moins désintéressé de la chose. Elle a donc dû se débrouiller seule la plupart du temps, car il n’était pas très aisé pour une femme de trouver un amant à son époque. Tous ces souvenirs distillés au compte-gouttes lui font du bien, je le sens. Elle fait une espèce de petit bilan ou une psychanalyse et trouve que, après tout, elle ...
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