1. Le bar à SZATTES


    Datte: 10/12/2023, Catégories: En solitaire, Auteur: lepetitprincesalace, Source: Hds

    ... ruelles pavées à la recherche de mon antidote à base de houblon. C’était calme et peu fréquenté. Je croisais alors deux employés municipaux. Le premier était à quatre pattes en train de retirer les chewing-gum des dalles pendant que son acolyte tentait vainement de faire disparaître un énorme tag sur le mur.
    
    Boutiques d’antiquaires, de tissus et d’ameublements de luxe remplissaient les bâtiments qui m’entouraient. J’ai finis par bloquer sur une devanture aux allures de local définitivement fermé et qui ne portait aucun nom. La vitrine était trouble à cause de la poussière et empêchait donc de distinguer ce qui se trouvait derrière. Un repaire de squatteurs fut la première chose qui me vint à l’esprit. Mais je tentai quand même d’y entrer et poussa la porte. Non seulement c’était ouvert, mais le bar que je trouvais à l’intérieur me fit remettre en question toutes ces conneries de sixième sens auquel je ne croyais pas. Je devais en avoir un sans même le savoir pensai-je.
    
    Il était vide. Nous étions juste les mouches, moi et le barman. Ses yeux étaient d’un gris presque transparents et il portait une énorme moustache qui lui recouvrait la lèvre supérieur. Son autre lèvre suintait de bave, était complètement boursoufflée et pendouillait comme le gras d’une pièce de viande. Elle brillait autant que le verre qu’il nettoyait, puis salissait à nouveau chaque fois que ça lui coulait de la bouche. J’ai entendu dire que les barmans jouaient avec leurs verres histoire de ne ...
    ... pas être mal vus par les clients à ne rien faire. Lui, il était simplement con. Non seulement il n’y avait personne à rouler avec ce stratagème, mais il ne se rendait même pas compte de sa bêtise. Il était aussi con qu’il était grand. Et pour être grand, ça, il l’était. De deux fois ma taille pour trois fois mon poids. Sa tenue vestimentaire, elle, venait définitivement clore le débat sur sa simplicité d’esprit. Il semblait tout bonnement nu derrière son comptoir, exhibant au passage sa peau excessivement velue. Il me surpris alors en engageant la conversation.
    
    - SZALU L’AMI !
    
    J’eus alors une absence. Je pesais le pour et le contre de ce qui me surprenait le plus. Ce qui sonnait comme un zozotement venant de sa bouche, ou le fait de découvrir une nouvelle aberration à chaque minute qui s’écoulait dans ce trou, comme si j’en creusais un remplit de merde et y trouvait encore PLUS de merde à chaque coup de pelle.
    
    - Z’êtes fermés ?
    
    - NON DU TZOU, INZTALLE TOI ZE T’EN PRIS.
    
    J’allai donc prendre mes aises au comptoir tout en appréhendant de découvrir si oui ou non, il était entièrement nu. Mais le comptoir était suffisamment haut pour garder le suspens entier.
    
    - Ça marche pas fort les affaires on dirait.
    
    - COMMENT CZA ?
    
    Je levais les mains, l’air faussement étonné tout en lui montrant la salle vide. Il ne réagit pas.
    
    - Putain… Laisse tomber. fis-je en m’essuyant le visage avec les mains.
    
    Sert m’en une ambrée tu veux.
    
    - Z’en ai pas.
    
    - Une brune ...
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