1. Le bar à SZATTES


    Datte: 10/12/2023, Catégories: En solitaire, Auteur: lepetitprincesalace, Source: Hds

    Je sortais tout juste du boulot. Je travaillais le matin et avais donc l’après-midi de libre. Plutôt que de rentrer chez moi, je décidais d’aller m’asseoir sur un banc en bord de Seine. J’aimais y siroter un café et siffler l’âme d'un cigarillo tout en regardant le reflet argenté de l’eau. C’était mon moment à moi, et il était aussi précieux que la liberté qui me l’offrait. Un groupe de nageurs en combinaison fluo remontait la bordure de l’autre quai à contre courant. Je les trouvaient à peine moins con que le gigantesque aimant que s’amusaient à balancer deux pêcheurs depuis le pont d’à côté. Ça détonait comme une bombe chaque fois que ça tombait dans l’eau. KSHPLAF ! L’un d’eux manqua même de couler un des nageurs, qui l’insulta copieusement en retour. Je fus autant amusé que choqué par la scène.
    
    J’aperçus alors du coin de l’œil un bateau de touristes. L’un d’eux était bêtement en train de saluer les promeneurs de manière un peu trop énergique. Ça en devenait gênant. Pas pour moi de toute évidence, je n’en avais rien à cirer. On aurait dit un Amish(1) qui découvrait enfin le monde après s’être fait renier par sa communauté. - Ouvrons une parenthèse à ce sujet. Je suis un imbécile finit, et généralement, je me prend pour référence quand il s’agit de juger la bêtise. Et sur l’échelle de la stupidité, j’ai rarement trouvé client. Mais eux étaient d’un autre niveau, ils n’étaient même pas sur l’échelle, ils l’avait tout bonnement construite. - Je décidais donc de l’ignorer ...
    ... et balaya le reste du bateau d’un regard nonchalant. Il se posa finalement sur une femme. Eh…héhé. Elle avait une paire de hanches qui lui faisait prendre deux place pleines sur le ponton. Le couple qui se tenait à côté confirmait l’évidence. C’était malheureusement la seule chose sur laquelle je pouvais me rincer l’œil, trop endommagé par la myopie.
    
    Des bateaux comme ça, il en passait tous les quart d’heure. C’était un peu le revers de MA médaille, la médaille en question étant la beauté du paysage que j’avais sous le nez. Ça faisait tâche. Une grosse tâche de merde qui coulait le long de mon champ de vision, contrairement aux touristes qui eux avaient une vue impeccable sur les monuments de la ville. Ils avaient l’or, et moi l’argent. Question de point de vue. J’étais encore l’éternel deuxième.
    
    C’était l’été et il faisait déjà plus de trente degrés. Quelle misère, pensai-je. La chaleur me réussissait très mal. Surtout dans une grande ville comme ici, où on étouffait plus qu'on respirait à cause de la pollution. Le moindre effort un peu trop poussé me chauffait le sang. Ça me donnait des plaques rouges, des démangeaisons et de petits boutons partout sur le corps. C’était juste insupportable. La seule chose qui me soulageait dans ces moments était la fraîcheur. Logique. Et ça commençait justement à me titiller les veines alors que je remontais à la surface. Je décidai donc de trouver refuge dans un bar.
    
    Mon trajet fut guidé par les zones ombragées. Je parcourais les ...
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