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Promenade initiatique en bords de Seine.
Datte: 01/12/2023, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Iovan, Source: Hds
Promenade initiatique en bords de Seine. Chapitre I Pêché. Nous avions décidé, ce jour-là, mon meilleur copain et moi d'aller faire une balade en vélo, dans un de nos coins de prédilection, en bord de Seine. C'était le début des grandes vacances. Ces périodes qui nous laissaient de trop grandes plages de liberté, aux yeux de mes parents, étaient propices pour nous faire « embaucher » à diverses corvées au service de la communauté, ce dont mes frères et moi, arrivions très bien à nous passer. Je profitai du fait qu'aucune consigne particulière n'ait été édictée, ce jour-là, pour me "barrer" discrètement... J'enfourchai mon « bicloune », comme nous disions tous à cette époque, et en route pour chez Julien. Je frappai à la porte, m'attendant à le voir arriver. C'est sa mère qui vint ouvrir. Une grosse normande, brèche-dents, qui semblait en vouloir à la terre entière. — Qu'est-ce que tu veux ? — Bonjour ! Je viens voir si Julien est là. Il m'a dit de venir à deux heures. — Nan ! Il est en ville avec son père. Sur ce, elle me ferma la porte au nez, me laissant avec la surprise de l'après-midi : un lapin ! Je pensai à aller chez mes autres copains, tenter ma chance, puis, finalement décidai d'aller seul faire cette balade. Me voilà donc parti, cheveux au vent, pédalant allègrement vers les bords de Seine. Nous devions nous rendre dans un coin où, avec la bande, nous avions l'habitude d'aller pêcher, et nous baigner. Je traversai la ville, à ...
... fond les manettes, descendis le boulevard du quatorze juillet... et arrivai sur le chemin de halage. Au bout de quelques centaines de mètres, la vraie balade commençait. On quittait la banlieue terne et grise pour entrer dans un monde de verdure et de paix. Sur la gauche, le fleuve miroitait, puissant et calme. Sur la rive opposée s'élevaient les falaises crayeuses aux sommets verdoyants, peuplées de colonies de choucas. Sur les berges croissaient de grands arbres: saules, peupliers, aulnes, plantés au bord de forêts de roseaux, de phragmites, de carex et de joncs, bruissant dans le souffle du vent et on imaginait tout le petit monde de la sauvagine qui les peuplait. Je roulais tranquillement m'arrêtant souvent pour observer un passereau, un vol de mouettes ou la piste frayée sur la berge par quelque animal. Les vacances ! Les vraies ! Au détour du chemin, la haute cheminée de l'usine apparut. C'était une ancienne fonderie de « La Lorraine » et notre point de ralliement était un embarcadère de béton armé, désormais désaffecté qui avait servi à apporter le minerai par voie fluviale et emporter les saumons et poutrelles d'acier que l'entreprise produisait. L'usine avait été reconvertie et produisait tout autre chose que de l'acier. Qu'est-ce que c'était ? Je n'en savais rien... et je m'en foutais ! Dès que j'arrivai je notai cette odeur d'huile chaude qui m'écœurait au tout début. Puis il y avait eu les premiers gardons... les clopes, les P4 grillées en ...