1. La maîtresse de mon fils


    Datte: 13/11/2023, Catégories: fh, noculotte, rencontre, amouroman, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe

    ... que nenni, telle une gazelle, elle les rejoignit.
    
    — Je suis désolée, franchement désolée. Je ne pouvais pas savoir que…
    — Non, vous ne pouviez pas. Mais écouter, ça vous pouviez, non ?
    — Oui, pardon. Je… permettez-moi de vous ramener chez vous pour me faire pardonner. S’il vous plaît, se fit-elle tendre.
    — Non merci. Je ne voudrais pas vous faire perdre plus de temps.
    — J’insiste.
    
    Pas que son air de connasse, devenu connasse compatissante, l’ait attendri, mais plutôt que son fils souriait en sautillant, il accepta.
    
    — J’vous préviens, c’est pas la porte d’à côté.
    — Aucune importance. Je suis garée là-bas.
    
    Surpris de voir un siège-enfant installé à l’arrière, il hésita à installer Hugo dedans.
    
    — Pour ma nièce.
    — Ha ! Parce que j’ai déjà assez abusé de votre temps, alors je ne voudrais pas…
    — Pas de soucis, je ne la garde que les mercredis.
    
    Après avoir vérifié la bonne installation du siège, il installa son fils. Elle démarra le moteur, mais resta au point mort.
    
    — Un problème ? Un remords, peut-être ? dit-il sarcastique.
    — Non, mais il me faut l’adresse.
    — Oui, l’adresse.
    
    Ils ont roulé plus d’un quart d’heure au seul son du GPS. Hugo s’était endormi, comme toujours après deux minutes de voiture.
    
    — Vous faites quoi dans la vie à part conduire une titine, engagea-t-elle enfin la conversation ?
    — Agent immobilier.
    — Ha, j’vous voyais pas là-dedans, s’étonna-t-elle !
    — Pourquoi ? Pas la tête de l’emploi ?
    — Non ! Enfin, je ne sais pas ...
    ... vraiment, mais depuis des mois je cherche une maison, et maintenant que vous le dites, c’est vrai que vous ne ressemblez pas aux personnes qui m’ont reçue.
    — Bien, ce que je dis, pas la tête de l’emploi. Et je ne parle même pas du nom ! Lapoisse. Vous confierez votre recherche à un type qui s’appelle Lapoisse, vous ?
    — Oui, on ne choisit pas son nom… Ça vous dérange tant que ça, renchérit-elle ?
    — Quoi ?
    — Votre nom ?
    — Plus maintenant. Jeune, je dis pas, mais j’ai appris à vivre avec.
    — Et Madame Lapoisse, elle le vit… comment ?
    — Elle l’a porté dignement.
    — Je… pardon, je ne savais pas.
    
    Les derniers kilomètres furent aussi silencieux que les premiers, bien que plus pesants.
    
    — Merci de nous avoir ramenés. Je ne pense pas qu’Hugo sera présent demain.
    — Pas de soucis, il est fatigué.
    — Non, c’est pas ça. C’est que je ne veux pas lui infliger deux heures de bus.
    — Oui, bien sûr… En fait, j’habite à vingt minutes d’ici et…
    — Non. C’est gentil, mais je vais m’arranger pour le faire garder demain. Bonne soirée et encore merci.
    — Je vous laisse mon portable. Si vous changez d’avis, surtout, n’hésitez pas.
    
    Hugo couché, il envoyait un mail à l’agence pour les prévenir de son absence quand son smartphone vibra. Il dut le relire trois fois avant de bien comprendre ce que l’écran affichait :
    
    Il s’interdit de répondre sur-le-champ sinon il l’aurait envoyé paître cette Madame Mathieu. Surtout qu’il avait déjà bien entamé la bouteille de tequila.
    
    Tu t’en veux connasse ! ...
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