1. La maîtresse de mon fils


    Datte: 13/11/2023, Catégories: fh, noculotte, rencontre, amouroman, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe

    — Monsieur Lapoisse ?
    — Lui-même, oui.
    — Madame Mathieu… la maîtresse de Hugo, se jugea-t-elle utile de préciser.
    — Oui ! J’ai essayé d’appeler au moins dix fois, mais je suis tombé sur le répondeur.
    — Évidemment ! Vous n’avez pas vu l’heure !
    — Si, c’est pour ça que j’ai essayé de vous prévenir que j’allais avoir du retard.
    — Du retard ! Deux heures je n’appelle plus ça du retard, moi !
    — Oui, pardon, vous avez raison, mais ma voiture est HS et je…
    — Ben voyons ! Le coup de la bagnole qui démarre pas. Vous n’avez rien de mieux comme excuse ?
    — Non, rien de mieux. Je suis dans le bus, je serai là dans dix minutes.
    — Y’a intérêt parce que je ne fais pas garderie, moi !
    — Connasse, dit-il haut et fort après avoir raccroché !
    
    Tous les yeux étaient tournés vers lui. Si quelques paires riboulaient, amusées par cette demi-conversation entendue, que plusieurs autres soutinrent son regard en souriant, la plupart se remirent soit à fixer le sol, soit pour beaucoup l’écran de leur smartphone.
    
    Deux arrêts plus tard, il était le seul à descendre. Une route le séparait de celle qui venait de lui téléphoner, mais, à sa tête, pas de doute, elle était véritablement furax.
    
    — Hugo ! Viens, ton père est ENFIN LÀ, hurla-t-elle !
    
    Reste calme, se dit-il tout bas en posant un pied sur le macadam.
    
    Sitôt fut-il sur le trottoir qu’il sauta dans ses bras.
    
    — Papa !
    — Pardon, mon grand, mais tu vois, la titine elle est morte alors j’ai pris le bus. Bonjour Madame…
    — ...
    ... Mathieu ! Bonsoir !
    — Je suis franchement désolé.
    — Vous pouvez, oui ! Ça fait plus de deux heures que j’essaye de vous joindre !
    — Oui, dès que j’ai pu j’ai rappelé, mais comme je vous ai dit, je tombais sur le répondeur.
    — Dès que vous avez pu ! Non, mais je rêve, là ! Monsieur était trop occupé pour venir chercher son fils !
    — Je vous promets que cela ne se reproduira plus.
    — J’espère bien ! J’suis professeuuure des écoles, moi, pas nounou ! Vous pouviez pas demander à sa mère, un grand-parent, une voisine ? À quelqu’un, quoi !
    — Non, je pouvais pas, non.
    — Bah voyons ! Après la voiture en panne, c’est le téléphone de Monsieur qui n’avait plus de batterie ?
    — Non, c’est plutôt le propriétaire qui était dans le coltard. Si Madame j’veux tout savoir mais rien entendre me laissait en placer une…
    — Je ne vous permets pas ! Je garde votre fils et vous, vous m’insultez ! Mais où va-t-on ?
    — Vous, perso, je m’en tape, mais moi je ramène mon fils à la maison. Viens, on va prendre le prochain bus.
    — Pourquoi t’as un pansement papa ?
    — Papa a eu un accident. C’est pour ça que ta gentille maîtresse est restée avec toi, mais c’est rien. Ça va vite guérir, le rassura-t-il.
    
    Tendrement, il lui fit le même bisou magique que son père lui avait fait le matin même lorsqu’il avait voulu s’habiller seul.
    
    — Merci, mon grand, ça va déjà mieux.
    — Attendez ! Monsieur, attendez !
    
    Il traversa la route, espérant que ces quelques mètres les mettent hors d’atteinte de cette furie. Mais ...
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