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Retour vers le futur
Datte: 30/09/2023, Catégories: fh, hplusag, école, amour, pénétratio, rencontre, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... pensé à elle, à sa franchise simple et directe. Pourquoi ne s’est-elle donc jamais déclarée ? Pour elle, ça devait tomber sous le sens. Comme quoi il ne faut jamais omettre de dire les choses clairement, ça aurait pu changer nos vies. Dans la semaine qui suit, je reçois un texto de Françoise. Rendez-vous chez elle pour le déjeuner le samedi en huit. D’accord, j’apporte le vin. J’arrive trop tôt, j’ai un trac d’adolescent. Six ans ont passé, j’ai été meurtri, elle aussi, comment allons-nous vivre ces retrouvailles ? M’aime-t-elle encore ? Puis-je à mon tour en tomber amoureux ? Ou pas… Je donne un coup de main à Françoise pour mettre le couvert, ouvrir le vin. La sonnette tinte. Je reste campé devant la porte-fenêtre du balcon, interdit et tendu. La voix que je reconnais, les « r » qui ne sont pas roulés, mais très prononcés ; — Alors, cette surprise ? Tu t’es trouvé un nouveau chéri ? — Moi, non. Mais qui sait si tu ne serais pas intéressée… — Ha-ha-ha ! Tu rêves. Elles entrent. Je me retourne. Bon sang, elle n’a pas changé. Longue silhouette fine, grand cou, épaules dégagées, petite robe printanière et fleurie aux courtes manches ballon. — Bonjour Ghislaine. — Oh non… pas possible… mon Dieu… Heureusement que le canapé se trouve juste à côté de la porte, elle tombe assise sur l’accoudoir en cachant son visage dans ses mains. — Hé, la belle ! Tu vas pas nous faire une syncope, s’exclame Françoise ? — N… on, non. Ghislaine se reprend et se relève, ...
... vient à ma rencontre, les yeux ruisselants. Je lui fais deux bises, elle se serre contre moi. C’est émouvant, délicieux malgré ses joues toutes mouillées. — « Pitain » c’est pas possible . Jérôme… mon Jérôme… — Yes ! C’est bien moi. Comment vas-tu, ma petite sœur de cœur ? — Je sais pas, je sais plus… je rêve ou je cauchemarde ? Tu vas disparaître ? — Nan ! Je suis bien là, juste pour toi. Pour te voir, te revoir, te retrouver. Grâce à Françoise. — Moi, j’y suis pour rien. Il avait juste peur que tu ne veuilles pas le revoir… — Il aurait mérité que je le fasse attendre autant qu’il me l’a fait. Mais bon, perdre encore six ans, ça aurait été trop bête. Le déjeuner se passe sans vraiment exister, malgré les efforts de Françoise qui n’existe pas non plus. Nous nous tenons par les yeux, comme chantait si bien Brel dans « Orly ». Le temps de remercier notre hôtesse et nous nous retrouvons à marcher le long de la rivière en nous tenant par la main, comme autrefois dans le campus. C’est bon. Six ans de moins. Toutes douleurs oubliées. Regain de fraîcheur et de jeunesse. Je ne marche pas, je flotte au-dessus du sol. La petite copine qui me tient la main a mûri cependant. Son visage allongé et son sourire enfantin à fossettes n’ont pas changé, pas plus que les petites mèches frisottées échappées de son éternelle queue de cheval. Mais les traits sont plus affirmés, la poitrine plus forte, les muscles plus dessinés sur les bras comme sur les jambes. Elle est vraiment bien ...