1. Un jour ou l'autre...


    Datte: 19/09/2023, Catégories: fh, médical, caresses, pénétratio, nostalgie, rencontre, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... avec qui je pourrais passer plus que quelques nuits.
    — Ah ! C’est gentil de me garder pour manger une crêpe.
    — Vous voulez un verre de cidre ? J’en ai mis au frais pour le repas.
    — C’est une excellente idée. Je n’en ai plus bu depuis… oh ! Ça fait un sacré bail !
    
    — oOo —
    
    Le beurre dans la poêle parfume l’air ambiant. Le bonhomme est assis et suit chacun de mes gestes pour faire une à une ces fines dentelles de pâte. Dans une assiette sur le coin du feu, elles restent au chaud et la pile prend quelques centimètres de hauteur. Lui sirote son verre à petites gorgées, silencieux, seulement captivé par la manière dont je fais sauter les crêpes. Ce qui quelque part a le don de me déstabiliser. Alors sans trop réfléchir, et puisqu’il est, après tout l’invité de maman, plus que le mien, j’ose.
    
    — Vous voulez essayer ? Parce que le plaisir c’est bien de la faire sauter dans la poêle, non ?
    — Ben, pourquoi pas… apprenez-moi.
    
    Et le type se lève. Je constate qu’il est plus grand que moi d’une bonne tête et il a l’air d’un coq qui vient de trouver un couteau avec la queue de la casserole dans la main. Je souris et il s’en aperçoit. Loin de s’en offusquer, il y va de sa risette.
    
    — Moquez-vous ! Moi je ne sais que les manger. Je vous avoue Claude que ça me met en appétit… Montrez-moi, parce que je vois bien que votre coup de poignet est supérieur au mien. Allez, au lieu de rire, faites-moi voir…
    — Comme ça ! Vous voyez ! Tout est dans le soubresaut donné au départ. Un ...
    ... petit coup sec et hop…
    
    Et évidemment, puisque j’ai repris le manche pour lui faire voir, lui me prend la main pour suivre le mouvement. Résultat notre jolie crêpe fait un tour en l’air et termine sa course à demi sur le rebord de la poêle, ce qui nous faire rire de plus belle. Drôle cette patte sur la mienne qui me ramène à une époque plus ancienne. Celle d’un rare moment de bonheur avec Michel. Depuis mon ex-mari, je n’ai plus vraiment retrouvé quelqu’un à aimer. De longues années de solitude à ressasser toujours ce bonheur perdu.
    
    Et là, ce que j’ai mis des jours des nuits à oublier durant des années, ce type en deux secondes m’y ramène avec sa gaucherie sans appel. Il m’appelle par mon prénom et pourtant, moi, je ne sais rien de lui, sinon qu’il est médecin. Je fronce le sourcil et tente de me souvenir de son petit nom. Il me semble que Pierre Marceau me l’a dit, mais je ne l’ai pas vraiment retenu. Pendant que je fouille dans ma mémoire, je termine notre dîner. Trois assiettes sur la toile cirée, un pot de miel, un de confiture de brimbelles, du sucre en poudre et il est temps d’inviter la maîtresse des lieux à venir se mettre les pieds sous la table.
    
    — Je vais chercher maman… !
    — Je vous en prie. Faites comme chez vous !
    
    Il a l’air joyeux, heureux. Très bizarrement je n’ai plus envie de le voir partir. Nous n’avons guère échangé que quelques mots, mais ce mec a quelque chose de rassurant, d’apaisant. Une extension de son métier, peut-être ? Quatre pas, la porte ...
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