1. Un jour ou l'autre...


    Datte: 19/09/2023, Catégories: fh, médical, caresses, pénétratio, nostalgie, rencontre, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    J’écoute à la radio la dédicace :
    
    — À toi, mon homme que j’ai tant aimé, pour te dire que chaque jour qui passe me rapproche de toi. Que ma vie n’a plus de sens sans toi, que les heures sont toutes des peines de plus et que mon cœur bat moins vite, moins fort.
    
    Maman au coin de la cheminée sur le canapé tricote, alors que les flammes grignotent doucettement la bûche que je viens de poser sur le lit de braises rougeoyant. J’ai les yeux tournés vers elle. Elle se tasse sur son fauteuil et une sorte d’éclat de verre coule lentement du coin de ses yeux d’un bleu surprenant. Mue par un drôle de réflexe, je m’agenouille près de Marine. Et ma main vient frôler le parchemin d’une joue que le temps rend de plus en plus fin. Distillée par le poste radio, presque en sourdine, la chanson qui accompagne les mots.
    
    La voix d’un autre nommé Michel, celui qui interprète « Je vais t’aimer ». Et dans les yeux de ma vieille maman, c’est comme si une flamme dansait.
    
    — La dédicace, c’est toi pour papa, maman ?
    — Oui… Claude ! Oui… ça fait cinq ans déjà ! Si tu savais comme il me manque, tous les jours.
    — Oh maman ! À moi aussi, tellement… mais il m’arrive d’essayer de me souvenir de son rire, de ses traits.
    — Ma chérie… même nos souvenirs s’estompent avec le temps… et chaque ride de mon visage, c’est une miette de la peine que j’ai eue de perdre mon mari… parce que s’il était ton papa, Henri était avant tout un merveilleux mari.
    
    Elle se mure de nouveau dans son tricot. Elle n’est ...
    ... plus avec moi. La musique continue sur « Radio-Gué-Mozo » et un à un les titres défilent, demandés pour des tas d’occasions différentes. Moi… je n’ai personne à qui dédier une chanson, personne non plus à qui songer. Pourquoi ? Suis-je plus laide qu’une autre ? Plus idiote au point de ne garder aucun homme dans ma vie ? Je n’en sais rien. Mais le froid qui m’envahit là, c’est celui d’un hiver qui peu à peu me tombe sur les épaules. Le cafard est là, rampant, hideux avec tous ces tentacules qui m’enserrent le corps et le cœur.
    
    Je ne me sens pas le courage de rentrer chez moi, de toute façon, rien ne m’y attend. Et ici, même si elle est dans ses songes, ses rêves anciens, maman est toujours là.
    
    — Maman, tu n’as pas envie qu’on fasse des crêpes, comme quand j’étais petite ?
    — Des crêpes, Claude ? Oui… c’est une bonne idée… tu sais où se trouvent les ingrédients. Et tu sais les faire sûrement mieux que moi maintenant… Mais oui… on peut en faire.
    — Oh ! Merci Maman…
    — Tu es triste ? La solitude, ça nous fait nous faner plus rapidement que la normale… Tu ne devrais pas à ton âge rester toujours seule. Un mari… des petits enfants, comme j’aurais aimé les faire sauter sur mes genoux…
    — Maman…
    
    Je vais pour lui dire ce que je lui ai si souvent répété. Impossible pour moi de lui donner des petits. C’est sûrement pour ça aussi que les hommes de ma vie n’ont fait que la traverser. Et il est trop tard. Elle est perdue dans son monde, je ne vais pas lui rabâcher ce qu’elle va ...
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