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L'arme de sang
Datte: 06/09/2023, Catégories: ff, uniforme, nonéro, historiqu, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... a une odeur épouvantable. Le sang qui se mélange à la terre et les gémissements de blessés que personne ne peut évacuer. Tout est sombre, mais l’obscurité n’est pas sereine. Kovchova est près de moi… et nous nous étreignons dans un baiser passionné. Au diable les convenances, aux orties la bienséance, nous savons que les heures nous sont comptées. Et je caresse ce corps dans son uniforme, avec une passion décuplée. Je me frotte à ce ventre que la ceinture de cuir du pantalon m’empêche de toucher. J’ai envie d’elle, soif de la toucher, faim de faire l’amour une fois encore. Nos mains se font papillons et viennent butiner les pleins et les déliés du corps que nous palpons, tâtons. Je suis affolée par ce besoin de la sentir, de la humer, de l’embrasser et nos bouches se soudent dans des baisers terriblement excités. Elle parvient à ouvrir ma veste, à remonter mon maillot et ses lèvres voraces aspirent la fraise de mes seins. Je suis aux anges. Foutue guerre qui nous vole nos jeunes années, foutus nazis qui envahissent notre terre. Et Natalia et moi sommes loin de là, sur un nuage. Nous parcourons avec le désespoir d’une dernière fois, ces univers féminins que nos doigts pétrissent. Un instant de bonheur dans une éternité d’horreur. Oui… elle et moi faisons l’amour à quelques pas des soldats ennemis. Des nôtres aussi ! Comme pour nous prémunir du malheur imminent qui nous guette, notre plaisir silencieux nous emporte vers une aube pas si lointaine. Demain est là avec ces ...
... lueurs pâles et le soleil qui monte lentement dans le ciel de notre Russie si précieuse. Nous sommes encore enlacées lorsque le premier obus vient fracasser le poste des mitrailleurs à quelques dizaines de mètres de nous. Cette fois, la rage reprend le dessus sur l’amour. Natalia qui s’écarte se retourne et une fois de plus j’entends sa voix dans le fracas des tirs. — Je ne veux pas qu’ils me prennent vivante, tu comprends, Maria… jamais ! — Natalia… je t’aime et nous sommes ensemble… il me reste ceci… Je lève la main. Lui montre l’objet qu’elle tient. Elle secoue son menton en signe d’assentiment. Petit à petit les tirs de notre côté sont plus sporadiques. Les munitions, le nerf de la bataille, nous font défaut. Il me reste une seule cartouche. Natalia ne tire plus et d’un signe de la main elle me fait comprendre qu’elle revient vers ma position. J’ai dans ma ligne de mire la croix de fer blanc sur la poitrine de ce qui me paraît être un officier. Mon doigt demeure un long moment sur la queue de détente. Encore un instant, une seconde, une éternité et là-bas, la silhouette est bien dans ma ligne de mire. Pan ! Le bonhomme vacille et finit par tomber à genoux. Natalia est là, proche de moi elle me donne la main… Je serre ses doigts fins et couverts de sang. Son bras est mal en point. Mes yeux brillent, plus personne autour de nous ne tire. La meute s’approche. La grenade dégoupillée est dans ma patte libre. Mon fusil… sous moi, inutile, vain puisque sans cartouches, ...