1. L'arme de sang


    Datte: 06/09/2023, Catégories: ff, uniforme, nonéro, historiqu, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... ?
    — Soif ? Jamais… et j’ai un cadeau pour toi, Maria… un cadeau que nous allons partager, si tu le veux bien !
    — Ah… ?
    
    Elle pose son paquetage et après avoir ouvert un sac, apparaît dans ses mains, un tord-boyaux sympathique.
    
    — De la vodka… tu vois que je pense encore à toi, ma belle. Allez, on boit un coup… et tu me racontes tes exploits.
    — Mes… oh, tu sais, je ne les aime pas, mais ils se bagarrent avec une rage folle. Cette fois nous sommes deux et nous allons faire du bon boulot. On va pouvoir former nos jeunes gaillards. Je n’ai pas de verre…
    — Un verre ? Mais tu es donc devenue bourgeoise sur tes vieux jours, Maria… un verre ? Bien sûr que nous n’avons pas besoin de verre… Au goulot, allons, nous sommes l’armée rouge, non, que diable !
    
    Nous rigolons. Et la bouteille passe de ses pattes aux miennes, de sa bouche à mes lèvres. C’est un peu comme si je l’embrassais, elle. Je suis fébrile, je suis frémissante. La savoir si proche et si intouchable pourtant. Ça brûle la gorge, réchauffe mes tripes cet alcool qui me rappelle tellement nos séances de tirs, notre escale nocturne aussi. Et l’ivresse qui me monte à la tête me fait oser. Oui ! Mon besoin d’elle est proportionnel à la descente dans laboutanche du niveau du liquide. Et les dernières gorgées ne sont plus bues au goulot, mais plutôt babine contre babine. Natalia se remplit la bouche et nous nous embrassons pour boire le contenu de ses joues ensemble.
    
    Évidemment, nous renouons avec ce qui nous a unies ...
    ... la nuit de mon départ. Discrètement pour ne pas éveiller les soupçons des gars qui nous entourent. Mais ici chacun pense d’abord à ses affaires avant de s’occuper de celles des autres. Et finalement nous sommes heureuses. Elle est belle, jeune et moi… je suis sous le charme de ses formes gracieuses. Nul ne sait de quoi demain sera fait. Pourquoi se priver d’un moment de retrouvailles plutôt tendre ? Et nous passons un long moment à faire l’amour dans un recoin du lieu où je survis depuis quelques mois.
    
    Les jours suivants, le commandant nous ordonne de montrer aux jeunes hommes arrivés au front comment se servir de leurs armes. Nous sommes en juin et nous sortons en première ligne pratiquement tous les jours. Nos soldats sont de plus en plus hardis et au moins trois Allemands tombent sous les balles des tireurs que nous commandons dans les dernières semaines de juin. Par contre nous avons chaud aux fesses quelques fois. L’ennemi en face réplique avec une violence inouïe. Nos retours au camp, regards hagards et vidés de toute humanité, sont tous empreints d’une haine farouche pour ceux du camp adverse. Ce qui nous permet de tenir sûrement.
    
    Nous venons de recevoir l’ordre d’aller défendre Moscou coûte que coûte. Ma rage de voir ces uniformes vert-de-gris aux portes de notre capitale renforce ma détermination. Je rate rarement mes cibles et je ne compte plus le nombre de silhouettes qui roulent dans la poussière. Pas question de gâcher une seule balle, c’est pourquoi Natalia ...
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