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L'arme de sang
Datte: 06/09/2023, Catégories: ff, uniforme, nonéro, historiqu, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... je ne me défends, aussi, pas trop mal. Et je me sens de plus en plus frustrée de ne pas pouvoir en découdre. Les loups s’enfoncent de plus en plus dans nos terres et il me tarde de leur montrer de quel bois notre pays se chauffe. Et l’ordre m’est enfin donné de rejoindre le « cinq cent vingt-huitième Régiment de carabiniers ». Je dois partir au plus vite. Nos embrassades avant mon départ sont fraternelles. Elle me serre contre elle. — Je vais essayer de m’arranger pour te rejoindre, Maria… je te le promets. Tu vas me manquer… — Toi aussi, petite sœur. Prends soin de toi. — Oui… mais… Je n’ai pas un mot de plus à dire. Elle m’embrasse sur la bouche, mais c’est la coutume chez nous. Ce qui l’est moins sans doute, c’est cette langue qui vient effleurer la mienne, que dis-je, la caresser avec une douceur inimaginable. Et c’est bien cette nuit-là que ce que nous refusons aux hommes, nous nous l’accordons. Toutes les deux, loin du tumulte des pas de tirs, je connais dans les bras de Natalia une ivresse terriblement excitante. Celle d’un amour entre femmes. Un pur bonheur qui s’achève au petit matin par sa main qui lâche la mienne. Un dernier baiser avant que je ne monte dans un train qui m’emmène loin d’elle. Mais reste là, gravé dans mon esprit, ce moment intense et interdit que nous venons de voler au temps. Mon régiment… si j’ai déjà eu affaire aux Allemands, ceux-ci n’étaient que dans leurs avions, à piquer sur nous pour nous bombarder. Ici, sur le front, c’est ...
... différent. Je peux même voir les détails de leurs visages quand mes yeux suivent chacun de leur pas par le biais de ma lunette de visée. Celui-là fume sa clope et plus jamais il ne recrachera la fumée qu’il vient d’inhaler. Cet autre qui lève la tête pour chercher dans les nuages un je ne sais quoi, je lui offre un repos… éternel. Et la vie des uns s’en va pour en sauver d’autres… un cycle anormal, mais obligatoire pour que survive ma grande Russie. Ce soir, je mange un bout après avoir faire reculer les sauvages qui pataugent dans la boue de notre steppe. Nous avons eu de lourdes pertes et les « nouveaux », les bleus sautent un à un du camion. Il y a belle lurette que je ne m’intéresse plus à ces pauvres diables qui sourient encore ce soir, mais qui demain appelleront sans doute leur mère. — Salut… Maria Polivanova ! Comment tu vas« Machenka » ? — Hein ? Elle est là ! Bon sang, mon cœur bat bien plus fort. Comment est-ce possible ? Cette diablesse a tenu parole. Ma voix tremble un peu lorsque j’arrive enfin à articuler deux ou trois mots. — Mais… comment as-tu fait ? Qu’est-ce que tu fiches là ? — Heureuse de voir que tu ne t’es pas fait tuer par les bâtards d’en face, Polivanova… — Mince alors… si je m’attendais à te revoir. Viens… viens. Tu vas partager ma chambre… enfin le réduit où je pionce. — Oui ? Raconte-moi ! Comment c’est ici ? — C’est la guerre. Ils sont plus nombreux que des mouches. Et nous avons aussi de lourdes pertes. Viens ! Tu as faim ? Soif ...