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Les épices de Sheita (1)
Datte: 16/08/2023, Catégories: Erotique, Auteur: UnamourdArthus, Source: Xstory
... quelque peu. Ressaisis-toi, mon vieux ! Heureusement, la gêne ne dure pas. Hajer a pris Philo sous son aile et lui fait visiter la maison, pendant que Naïm me divertit par quelques anecdotes sur les avanies rencontrées par l’équipe Sud du projet. Quelques minutes plus tard seulement, nous entendons des rires fuser du côté de la pergola. Nous apercevons Hajer pouffer, la main négligemment posée sur l’épaule de ma femme. Tout ce petit monde semble s’être bien trouvé, et c’est dans une ambiance légère que nous prenons finalement un apéritif. Je me fais la réflexion que c’est la première fois en dix-huit mois que je vois Naïm boire un alcool ; lorsque je lui en fais la remarque, il me rétorque simplement qu’on ne peut pas travailler depuis si longtemps des deux côtés de la Méditerranée sans se laisser pénétrer par les aspects culturels les plus intéressants de chaque culture. A ces mots, je vois Hajer soulever un sourcil ironique, puis acquiescer en me regardant. Toujours ce regard énigmatique, à la croisée des expressions... L’ambiance s’est franchement détendue ; Philo éclate de rire lorsque, après avoir demandé à Hajer si la nourriture marocaine était systématiquement épicée, elle se voit répondre : — Pas seulement la nourriture, mais tout ce qui mérite de l’être, voyons ! Ne me croyez pas sur parole, faites-vous plutôt votre opinion à l’occasion... vous saurez la saisir quand elle se présentera ! A moins que... ce ne soit elle qui vous saisisse ? Illustrant ...
... ses paroles, Hajer saisit brièvement les mains de Philo, et les relâche en laissant ses doigts glisser sur son avant-bras. Je remarque alors la chair de poule qui a envahi la peau de mon épouse. — Tu as froid mon amour ? — Pas du tout, c’est même le contraire, je dois dire ! Un effet des épices, sûrement... en tout cas, je retiens votre suggestion, conclut-elle en finissant de s’adresser à Hajer. Je souris en discernant un échange de regards furtifs entre les deux femmes. Elles semblent s’être trouvées, ces deux-là ! D’ailleurs, je vois que Naïm n’a rien perdu de l’échange. C’est le moment qu’il choisit pour intervenir : — Bien, maintenant que mon appétit est grand ouvert, passons à la suite. Sheita ! Apporte-nous la suite ! Je sursaute. Sheita ? Ce mot figurait sur le menu, je crois. Mais alors... Je n’ai pas le temps de demander d’explication. Alors que de derrière moi arrive une odeur de persil et de coriandre, je détaille l’expression de mes trois convives : gourmande pour Naïm, satisfaite pour Hajer, et stupéfaite pour Philo. Ses pupilles se sont dilatées soudainement et elle sursaute violemment sur sa chaise. Je vois du coin de l’œil Hajer lui saisir la main pendant que je me retourne. Une apparition. Seul ce mot s’impose à moi. Mon esprit tourne à vide et mon cœur vient de s’emballer ; car si le prochain met du menu arrive bien, c’est apporté par une houri descendue tout droit d’un paradis coranique fantasmé. Une démarche chaloupée des voilages ...