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Bagatelle estivale (1)
Datte: 31/07/2023, Catégories: Divers, Auteur: maisondecampagne, Source: Xstory
... jour j’espérais te voir au supermarché. Je me faisais pitié. Le quatorze juillet un groupe de mecs entre juste avant la fermeture. Ils rient forts, dévalisent le rayon spiritueux et empoignent chacun plus de chips pour qu’un humain normalement constitué puisse avaler. Leurs vannes pourries me font sourire et je retiens quelques traits d’humour pour plus tard. Je ne fais pas vraiment attention à qui j’ai en face de moi, fait payer chaque personne, encaisse et passe à la suivante. Un instinct étrange me fait relever les yeux. Tu es là ! Avec tes amis, qui te disent qu’ils t’attendent sur le parking et moi incapable de dire quoi que ce soit. Le cerveau en train de frire sous tes yeux amusés. Je prends l’article suivant et le passe. Un bip perce le brouillard mental qui m’avale toute entière. Je ne vois que toi et me retiens de faire quelque chose de stupide en serrant la boite en carton dans mes mains. Un peu trop fort je l’avoue, comme si la douleur m’avait jamais rendue moins conne. Ton visage s’éclaire quand tu me reconnais et tes yeux pétillent quand tu me demande de te passer tes capotes. Parce que de toutes les choses que j’aurais pu serrer dans mes ...
... mains pour me maîtriser, il a fallu que ce soit un paquet de préservatifs… Je le lâche avec un drôle de couinement et il frappe l’inox de la caisse avec un bruit humiliant. J’ai envie de disparaître sous terre mais la journée ne semble pas vouloir s’améliorer. David le propriétaire du supermarché arrive et commence à m’enguirlander, ma vitesse ne lui convient pas. Bien entendu le magasin est vide à part toi et tes prunelles acajou. Tu n’as plus la barbe qui te donnait des airs de brigand. Je rentre la tête dans les épaules et marmonne une excuse avant de t’annoncer les yeux baissés le montant de la facture. Sous les yeux scrutateurs de David tu me tends un billet de cinquante. J’ouvre la caisse, en frotte machinalement la surface du bout de l’ongle. C’est un vrai. Je te rends la monnaie en ne résistant pas à l’envie de te toucher, et quand mes doigts entrent en contact avec ta paume mon cœur s’emballe et le sang en moi s’échauffe. Tout comme mes joues. Le sourire amusé mais pas dénué d’intérêt que tu m’adresse me détruit à l’intérieur. J’ai envie de toi, de tes lèvres sur ma peau, de ton souffle qui se mélange au mien. Je te veux et mon obsession me fait mal.