1. Mise au point


    Datte: 25/07/2023, Catégories: ff, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... étions restés en contact, même quand j’ai émigré à Napier. Nous échangions par mail. Cette année-là, elle a fait une rencontre qui lui avait permis de renaître. Elle était amoureuse de nouveau. Elle venait d’emménager avec son ami, plus vieux qu’elle d’ailleurs. Après cela, nous avons encore correspondu un peu, mais les échanges se sont raréfiés jusqu’à se tarir… je dirai vers 2013. Dans ceux-ci, elle n’évoquait plus du tout Sanmarco, elle était enfin heureuse, apaisée.
    
    Si ce que l’imbu personnage disait était vrai, cela confirmait les propos de la belle gouvernante. Conséquence immédiate, cette piste en prenait un sacré coup dans l’aile. Tout reprendre à zéro. Pas vraiment à zéro, Charles regagnait des places sur la liste des suspects. Devant le silence de Dani Durant et mon désarroi, Anna prit la parole.
    
    — Vous dîtes « son ami ». C’était un homme ?
    — Évidemment… La seule femme qu’ait connue Charlotte a été la femme de Sanmarco et parce qu’il la lui avait quasiment imposée.
    
    Marié(e) à un homme, pas à une femme. J’enchaînai, imperturbable, mais délivrée d’un grand poids.
    
    — Connaîtriez-vous son véritable patronyme ?
    — Pour moi, c’était Charlotte, son véritable nom, elle ne me l’a jamais dit…
    
    Le ton sur lequel cela fut affirmé, précédant une pause savamment étudiée, annonçait une suite. Monsieur l’écrivain ménageait ses effets. Nul ne dit mot, il dut rependre.
    
    — En fait, par deux fois nous avons fait l’amour chez elle, dans un appartement de la banlieue de ...
    ... Saint-Étienne.
    — Vous rappelez-vous de l’adresse ?
    — Non, mais avec Google maps, je dois pouvoir vous la retrouver.
    — Pouvez-vous nous retrouver également son adresse mail ?
    — Là, c’est une autre paire de manches… Je vais regarder, mais ma boîte a été piratée l’année dernière et, comme nous ne correspondions plus, il est peu probable que j’ai retranscrit…
    — Pourtant votre adresse fonctionne toujours, le coupai-je sèchement puisqu’on a pu vous contacter.
    — Nous correspondions sur une boîte privée, inspecteur.
    
    Inspecteur ! Je lui en foutrai. J’en avais assez de ce guignol. D’un signe de tête, j’invitai Anna à reprendre la main.
    
    — Encore une question et nous vous libérons. Vous n’auriez pas un cliché de Charlotte ?
    — Vous rigolez, mademoiselle. Nos rencontres se faisaient dans la plus grande discrétion, alors des photos…
    — Et si je vous montrais une photo, dit-elle en présentant une photo prise dans le tram.
    
    Il éclata de rire, en précisant qu’il ne connaissait que son apparence féminine. Elle essaya celle du visage, prise à descente du VTC. Nouvel éclat de rire.
    
    — Si vous n’avez que ça pour identifier votre assassin, vous êtes mal barré.
    
    Ça, nous le savions. Anna le remercia pour son aide, lui rappelant de chercher l’adresse avant de raccrocher.
    
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    L’ameublement du salon se limitait à un grand canapé d’angle, une petite table et une grande bibliothèque qui faisait office de meuble télé et fourre-tout. Lors de leur échange Skype, elles ...
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