1. Mise au point


    Datte: 25/07/2023, Catégories: ff, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... de grands moments à discuter, à débattre, à philosopher.
    
    Et toi à t’écouter parler, ajoutai-je dans ma Peugeot intérieure.
    
    — Je parle d’elle au féminin, car sans vouloir vous vexer, mesdames, Charlotte était bien plus féminine que beaucoup de personnes de votre sexe.
    
    Il s’arrêta, nous regarda. Pourquoi me sentis-je visée ! Quel connard !
    
    — Je parle, je parle. Vous ne m’avez pas contacté pour que je vous raconte ma vie, mais seulement l’épisode « Charline » et surtout de sa relation avec Sanmarco. Épisode Charline, car c’est ainsi que l’avait baptisé ce porc. Elle avait pris ce prénom en horreur et ne voulait plus qu’on…
    — En effet, parlez-nous de cet épisode, plaçai-je rapidement alors qu’il repartait dans sa logorrhée verbale.
    — Je puis vous livrer sa version des faits sans doute guère objective.
    — Nous aimerions bien sûr connaître sa version, patelina Anna, mais un auteur, comme vous, est doté d’une sensibilité qui vous aura sans doute permis de cerner le personnage. Dans votre récit, Noël a le beau rôle…
    — La première partie de l’histoire, la séduction de Charlotte par Paolo épouse quasiment son histoire. Ensuite, dès l’apparition de la femme de Sanmarco, je laisse parler mon imagination. Dans la réalité, ils ont fait une partie à trois tout à fait banale induite par Sanmarco. Fin de l’histoire. La femme de votre victime l’a obligé de congédier Charlotte sous peine qu’elle les dénonce. Charlotte n’avait que seize ans, vous imaginez… Elle l’a très mal ...
    ... digéré. D’ailleurs quand je l’ai rencontrée, elle lui en voulait à mort…
    
    Je rebondis immédiatement sur son dernier mot.
    
    — À mort ? Pensez-vous qu’elle aurait pu aller jusqu’au meurtre ?
    — Vous, vous semblez le penser !
    — Vous a-t-elle dit qu’elle le harcelait ?
    — Harcèlement ? Le mot est faible. Pour elle, ça allait plus loin : elle voulait lui pourrir la vie, le détruire. De la lettre anonyme, en passant par les coups de téléphones répétés – il avait beau changer de numéro, elle le retrouvait toujours –, les rayures à sa voiture. Une année pour Noël, elle lui avait envoyé des excréments dans une jolie boîte de chocolat. Sa première action avait été de faire un montage photo de Sanmarco avec un jeune garçon et de l’envoyer à tous ses clients à partir d’un listing qu’elle avait récupéré quand il l’avait répudiée.
    — Pourquoi le haïssait-elle autant ? intervint Anna. Si je me fie à ce que vous racontez, l’ex-femme de Sanmarco a sa part de responsabilité ?
    — Réponse à deux étages. Le rez-de-chaussée : Sanmarco l’avait pervertie, en avait fait un monstre de foire qui ne pourrait jamais avoir une vie normale. À la cave, ce qu’elle n’aurait jamais reconnu, ce que son conscient ne pouvait accepter : elle était toujours amoureuse de lui, c’était son Pygmalion. Il lui avait révélé sa véritable nature. Et de l’amour à la haine…
    — Donc, elle est une meurtrière possible ?
    — Avant 2010, je vous aurais répondu : certainement. Mais elle avait enfin réussi à tourner la page. Nous ...
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