1. L'amnésique (adoucit les mœurs) (2)


    Datte: 14/07/2023, Catégories: Erotique, Auteur: Louist, Source: Xstory

    ... Alors, qui êtes-vous, Monsieur l’inconnu ?
    
    Je hausse les épaules, faussement décontracté.
    
    — Je ne suis pas certain que vous soyez prêt à accepter la vérité...
    
    — Nous jugerons sur pièces. Je vous écoute.
    
    Cet instant, j’aurais certes préféré l’éviter, mais cela fait des années qu’à tout hasard, j’en peaufine les détails. Simplement, il va me falloir être convaincant, et je n’ai qu’une seule prise.
    
    — Je ne sais pas qui je suis. Je suis amnésique, si vous préférez.
    
    Il explose.
    
    — Vous vous foutez de moi ?
    
    — Absolument pas... Il y a un peu plus de six ans, je me suis retrouvé en bas d’un immeuble parisien sans savoir qui j’étais, et encore moins ce que je faisais là...
    
    Il faisait froid en ce début d’hiver, j’étais en train de claquer sur le trottoir et tout le monde s’en foutait... Et il n’y en a eu qu’un pour me tendre la main : Michel Slotinsky. Il ne savait rien de moi, et pourtant, tel l’Auvergnat de Brassens, il m’a sauvé la vie en m’accueillant chez lui. Certes, c’était un misérable deux-pièces, mais il y faisait chaud, il y avait de quoi grailler, et c’était tout ce qui comptait.
    
    — Et vous n’avez jamais cherché à retrouver qui vous étiez ?
    
    — Si, bien sûr. Mais avec Michel, il était hors de question que j’aille voir les flics...
    
    — Pourquoi ? Encore un inconditionnel de la police, comme vous ?
    
    — Ben, vous savez, quand toute votre famille a été raflée au Vel d’Hiv’...
    
    Il a une grande gueule, Monsieur le Commissaire, mais je viens de ...
    ... lui claquer le beignet en quatre mètres sur trois. Du coup, il modifie son angle d’attaque :
    
    — Six ans, vous dites ? D’après nos recherches, c’est l’époque où son train de vie a commencé à évoluer, et pas vraiment dans le mauvais sens...
    
    Cela faisait déjà un moment que je cherchais à subvenir à mes besoins pour ne plus vivre aux crochets de Michel quand je suis tombé par hasard sur le journal financier du voisin du dessus. Étrangement, tout cela m’a semblé familier et je me suis mis à boursicoter virtuellement... Très vite, je me suis mis à faire les poubelles pour récupérer le journal en question jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais un don pour tout ce qui se passait du côté du Palais Brongniart. Alors, un soir, j’ai réussi à convaincre Michel de me prêter une centaine d’euros, une fortune pour lui qui n’avait jamais réussi à mettre deux ronds de côté, mais, trois mois plus tard, je lui offrais une voiture. Six mois plus tard, nous troquions cet étron pour le sublime coupé allemand dont il avait toujours rêvé.
    
    — Certes, mais cela ne nous dit pas pourquoi vous vous faites passer pour lui et où il est.
    
    — Quelques années auparavant, Michel avait cru triompher du crabe ; mais après s’être fait jarter par la grande porte, cette saloperie avait quand même réussi à revenir par la bande. Alors, quand il a senti qu’il allait bientôt rendre le cimetière bossu et connaissant ma situation, il m’a proposé de déménager en gardant son identité et de continuer à me faire ...