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Les sauvetages de Kevin (10)
Datte: 01/07/2023, Catégories: Divers, Auteur: Yojik, Source: Xstory
... n’essaya même pas. Je la sentis s’échapper. Je commençai alors le massage cardiaque. Lui intimant l’ordre de se battre, de revenir vers nous. Je suis accablé de chagrin. Je n’ai rien vu de sa fatigue, la mettant sur le compte de sa dépense d’énergie pour Kinga, pour le déménagement, pour moi. Je m’effondre en pleurs sur la table. J’entends de très loin les paroles de Kinga : — Maintenant, je me sens assez forte pour honorer ma parole. Quand elle m’a pris à part durant le spectacle, elle m’a dit qu’elle serait toujours là pour moi. Qu’elle savait que j’en ferais de même pour elle. Mais elle m’a demandé aussi que s’il le fallait, je pourrais être là pour toi. Sur le coup, je ne compris pas pourquoi elle parlait de ça... Alors je suis enfin là, pour toi. J’ai entendu les mots, mais ils n’impriment pas mon cerveau. Je ne suis qu’une loque sans armature, sans squelette. Je vais glisser de ma chaise, mais Kinga me rattrape. Elle me relève et m’emmène dans la chambre. Elle m’allonge, je prends la couette et m’enfouis dessous. Je l’entends sortir. Elle repasse de temps en temps. A un moment, elle me demande : — Veux-tu dîner ? — Non. — Appelle-moi, si tu as besoin. Je me recache, elle repart. Kinga revient alors que mes démons sont en train de surgir des ombres de la chambre. Ils viennent quand je ne dors pas ou que je ne suis pas saoul. Ils me hantent et me terrifient, ricanant de ma solitude, de la destruction de ma vie... — Kinga, j’ai peur... — De ...
... quoi ? — Des ombres, elles vont me hanter, rire de mon malheur, de ma solitude. — Je vais rester un peu si tu veux. — Oui, tiens-moi la main. J’ai l’impression d’être un enfant qui a peur du noir. Ce n’est pas loin de la vérité. Kinga s’allonge à mes côtés et me prend la main. Je me relâche un peu. Comme la nuit où elle avait eu besoin d’être enlacée, réconfortée par les bras d’Anne-Sophie et les miens, elle passe son bras libre sur moi. Je pose la tête sur sa poitrine et écoute les battements de son cœur. Je m’apaise un peu. Je réussis à m’endormir. Au matin, Kinga est toujours là. Elle est réveillée et attend visiblement que j’en fasse autant. — Bonjour Kevin. Comment ça va ? — Mal, mais merci d’être restée. — C’est ma promesse à ta compagne. Elle me caresse les cheveux, je me sens materné, cajolé. Elle se lève : — Je vais préparer un bon petit-déjeuner. On n’a rien mangé hier soir. Je la rejoins après quelques minutes. J’ai eu une présence à mes côtés cette nuit. Ça a comblé un certain vide. Je regarde Kinga, elle n’est plus une vague forme bougeant en tous sens. Je me rends compte alors d’un problème : — Ça va ta main ? — Oui, enfin... En massant Anne-Sophie, j’ai aggravé ma fracture. Du coup, j’ai beaucoup perdu en mobilité. — Ce n’est pas gênant pour ta formation. — Si justement, mais Jérôme m’a dit qu’avec un peu de rééducation, je devrais retrouver la quasi-totalité de mes moyens. Mais je ne reprendrai jamais la formation. Dès ...