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Résurrection
Datte: 08/06/2023, Catégories: ff, amour, portrait, lesbos, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... appartenait… Quelque chose l’arracha de son inconscience. Tout lui semblait flou, cotonneux. Le vertige qui lui donnait envie de vomir s’estompait petit à petit. L’horrible bourdonnement qui lui vrillait le crâne aussi. Elle tenta d’ouvrir les yeux, mais ses paupières semblaient collées. Elle passa la langue sur ses lèvres desséchées, craquelées. Elle se sentait sans force, vidée… Se relever la fit grimacer. Elle se dirigea péniblement vers la commode. D’une main tremblotante, elle attrapa sa trousse et en sortit le pilulier. Elle avala d’un seul coup deux gélules et un petit comprimé. L’engourdissement désiré se produisit sans tarder et elle se sentit propulsée dans une sorte d’alanguissement réconfortant, dans un ailleurs où elle dérivait loin de tout, là où personne ne pourrait plus la retrouver, enfin en sécurité. Elle ne distinguait plus ce qui était réel de ce qui ne l’était pas. Et c’était justement ça qu’elle recherchait : son monde à elle… ! Ce ne fut que bien plus tard qu’elle retrouva un semblant de conscience, suffisamment pour s’arracher du coin sombre dans lequel elle s’était réfugiée. Incapable de supporter plus longtemps le vide glacial de son appartement, elle sortit dans l’obscurité de la nuit. Dès qu’elle entra dans le club, la lumière et la musique l’agressèrent. Elle avait marché tout droit devant elle, l’esprit obstrué, avançant sans brut précis dans les rues sombres. Ses pas l’avaient conduite là, sans qu’elle l’ait vraiment décidé. La ...
... force de l’habitude sûrement. Elle se dirigea d’une démarche incertaine vers le bar. Son regard croisa celui d’une femme qui lui ressemblait. Le visage de celle-ci était émacié, la peau blafarde. Les yeux étaient enflés, les pupilles dilatées. Le corps était maigre, les os apparents. Un être sans vie. Elle réalisa brusquement que c’était son reflet qu’elle voyait dans l’immense miroir. Elle détourna le regard et s’affaissa lamentablement sur le comptoir. — Tu n’as pas bonne mine, Maryse. Quelque chose ne va pas ? s’enquit Marie-Ange en s’approchant d’elle. Pourquoi fallait-il qu’on la harcelât ? Elle avait juste besoin de boire quelque chose de fort avant d’entreprendre un nouveau voyage à travers l’oubli. — Sers-moi et s’il te plaît, évite de me faire la morale, rétorqua-t-elle avec agressivité. — Tout doux, ma belle… Je prenais juste de tes nouvelles. Du coin de l’œil, elle vit Clem se précipiter à la rescousse de sa collègue. — On ne veut plus de toi ici ! Allez, ouste, dehors, et ne remets plus les pieds ici… La colère l’enflamma puis retomba aussitôt après. Elle se sentait trop faible et trop déprimée pour tenir tête à ces deux cerbères qui prenaient un malin plaisir à lui pourrir l’existence. Elle avait une bouteille d’alcool fort chez elle. Elle pourrait tout aussi bien se droguer là-bas. Alors qu’elle s’apprêtait à tourner les talons, la perspective de rentrer chez elle et de se retrouver seule lui fit horreur. Les terribles souvenirs de son passé, ...