1. Résurrection


    Datte: 08/06/2023, Catégories: ff, amour, portrait, lesbos, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... chose, mais sa faiblesse extrême l’en empêcha. Elle eut brusquement des sueurs froides. Elle se mit à trembloter et à claquer des dents sans pouvoir se contrôler. Elle aurait perdu l’équilibre si des bras ne l’avaient pas retenue.
    
    — Doucement… Appuie-toi sur moi… Clem et moi allons t’accompagner jusqu’au taxi…
    
    Le corps contre lequel elle s’appuyait la baignait de sa chaleur. Une sensation étrangement apaisante, totalement inédite pour elle. Les corps masculins qui l’avaient si souvent recouverte pour assouvir leurs besoins sexuels l’avaient toujours laissée de marbre. Mais, là, ce qu’elle ressentait, c’était différent. Comme si une douce émotion s’était insinuée sous sa carapace et avait trouvé un lointain écho en elle. Mais son esprit obstrué l’empêchait d’avoir une vision claire de la situation. Elle se laissa entraîner. Lorsque le taxi dans lequel on l’avait installée démarra, elle tourna la tête sur le côté pour regarder à travers le parebrise-arrière. Une silhouette féminine se découpait dans la lumière de l’entrée du club…
    
    Elle savait qu’elle dormait dans son lit et qu’elle était en train de faire un cauchemar. Mais elle n’arrivait pas à se réveiller. Elle assistait impuissante à l’apparition de la forme qui émergeait de l’espèce de brume opaque qui lui obscurcissait l’esprit. Une silhouette noire. Celle qu’elle honnissait. Elle ferma les paupières pour tenter de la faire disparaître. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, les deux prunelles glacées et inhumaines qui ...
    ... la terrifiaient brillaient toujours en la fixant. Elle se sentit comme vidée de son sang. Dans un élan instinctif, elle effleura de ses doigts, la base de son cou, là où son agresseur l’avait étranglée alors qu’il la violait.
    
    — Je t’aimais à ma façon, Maryse. Tu aurais dû le remarquer… Ce ne sont pas les flammes qui rendent l’enfer insupportable, mais le manque d’amour. C’est parce que tu m’as repoussé que je souffrirai éternellement…
    
    Et elle sentit une force glaciale l’immobiliser. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Elle était terrifiée, non pas de mourir, mais que cela se reproduise. De subir à nouveau. Elle eut soudain peur. Une peur viscérale qui lui tordait le ventre…
    
    Elle avait mal. Un mal qui la transperçait jusqu’à l’âme. Son âme qu’elle n’avait pas su protéger, qu’elle n’avait pas pu préserver. Elle se méprisait pour sa faiblesse. Sa faiblesse qui l’avait transformée en poupée sans force, condamnée à se résigner, à subir tous les outrages. Il ne lui restait plus rien. Ni humanité ni espoir. Ni courage ni envie de pleurer. Que son agresseur abusât d’elle quelques minutes ou pendant des heures ne faisait pas de différence. Rien ne pourrait lui enlever la honte et le dégoût qu’elle avait d’elle-même. Elle était redevenue une chose, sa chose. Peu lui importait maintenant la façon dont celui-ci allait la prendre. Elle s’en fichait. Elle voulait dormir, ne plus jamais se réveiller. Tout n’était que désolation. Son corps. Son esprit. Plus rien ne lui ...
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