1. Rencontre improbable


    Datte: 29/04/2023, Catégories: fh, hplusag, vacances, amour, caresses, conte, rencontre, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... qui marquaient son visage, mais qui continuait à avancer, cherchant à profiter de chaque instant. Oui, il émanait de ce sexagénaire à l’allure surannée, une espèce de force tranquille, rassurante. Un homme avec qui l’on devait se sentir en sécurité, avec qui il devait faire bon de vivre. Bizarrement, elle eut envie de s’attarder en sa compagnie. C’était ridicule ! Elle ne le connaissait pas, se dit-elle en pivotant sur elle-même pour se réchauffer le dos…
    
    Lorsqu’il rentra dans le refuge, les bras remplis de bûches, il fut heureux de constater que Maryse avait meilleure allure et qu’elle ne semblait plus sur la défensive. Il s’approcha du poêle et le remplit de bois. Aussitôt, le feu se mit à ronfler emplissant la pièce d’une chaleur apaisante.
    
    — Comment vous sentez-vous ? s’enquit-il gentiment.
    — Bien mieux, merci. Mes vêtements sont presque secs.
    
    Gérard tourna la tête et la regarda un instant. Au cours de son existence, il avait secouru de nombreux animaux sauvages blessés. Lorsqu’il les ramassait, ils étaient toujours terrorisés et cherchaient à s’enfuir à la moindre occasion. Puis, petit à petit, à force de soins et d’attention, ils se laissaient apprivoiser. Maryse lui donnait l’impression d’être un peu comme eux…
    
    Maryse remarqua que Gérard fronçait les sourcils comme si quelque chose le tracassait. Sa présence peut-être ? Elle avait suffisamment abusé de sa compagnie et il était maintenant temps de rentrer chez elle.
    
    — Je vais y aller. Merci pour le feu. ...
    ... J’ai été ravi de faire votre connaissance, lança-t-elle précipitamment.
    — Il fait nuit ! répondit-il en la retenant par le coude. Lorsque vos vêtements seront complètement secs, je vous raccompagnerai en voiture…
    
    Elle sentit comme une brûlure, là où les doigts de Gérard s’étaient posés. Dans d’autres circonstances, elle aurait immédiatement mis fin à ce contact qu’elle aurait jugé inapproprié. Mais là, bizarrement, elle le laissait se prolonger. Elle éprouvait comme une émotion douce qui l’envahissait. Une émotion à laquelle elle aurait bien aimé s’abandonner. Mais elle ne pouvait pas se le permettre, c’était trop risqué.
    
    — C’est trop aimable de votre part, accepta-t-elle en se dégageant doucement, presque à regret…
    
    Un silence gêné s’ensuivit. Au bout de quelques secondes, elle tourna la tête vers Gérard. Lorsque leurs regards se croisèrent, il y eut, pendant une fraction de seconde, comme une étincelle qui crépita entre eux. À la fois électrisée et ébahie, elle baissa vivement la tête et contempla la pointe de ses chaussures pour se donner une contenance. Ce qui venait de se passer était sans aucun doute dû à sa fatigue et à sa peur rétrospective de l’orage. Rien de plus, songea-t-elle tandis que Gérard se dirigeait vers la fenêtre contre laquelle il resta collé, comme s’il inspectait l’extérieur plongé dans l’obscurité…
    
    Confortablement installée dans son siège, elle regardait la route éclairée par les phares défiler à travers le pare-brise tandis que Gérard la ...
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