1. Rencontre improbable


    Datte: 29/04/2023, Catégories: fh, hplusag, vacances, amour, caresses, conte, rencontre, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... vêtements étaient si détrempés qu’ils en étaient devenus transparents, réalisa-t-elle en sentant le regard de l’homme accroupi près du feu la détailler. Dans un réflexe de pudeur dérisoire, elle croisa les bras sur sa poitrine. Un début de panique monta en elle… Puis, elle réalisa que l’inconnu ne semblait pas menaçant, bien au contraire. C’était un sexagénaire aux cheveux gris argenté tirés en arrière en une petite queue de cheval. Cette coiffure plutôt originale pour un homme de son âge cassait l’expression austère de ses traits. Quand ce dernier la fixait, les yeux gris métallique s’adoucissaient étrangement. Un regard plein de solitude, remarqua-t-elle, ou du moins celui d’un homme habitué à vivre seul. Mais aussi un regard plein de bienveillance, qui ne demandait rien en retour… Cette constatation finit de la rassurer. Elle osa alors l’interroger.
    
    — Qui êtes-vous ?
    — Je m’appelle Gérard… J’aime cette montagne et tout ce qui y vit ! répondit-il en se redressant et en ouvrant les bras comme pour étreindre tout l’espace qui l’entourait. Venez près du feu, ajouta-t-il en reculant de quelques pas pour lui laisser la place.
    
    Cette attention pleine de délicatesse finit de la rassurer. Sa méfiance tomba et elle tendit les mains vers le poêle en s’y approchant. La chaleur qui en émanait était délicieuse.
    
    — Moi, c’est Maryse… j’ai été surprise par l’orage alors que je me promenais… Je suis en vacances.
    
    Gérard nota avec satisfaction que le visage de Maryse reprenait ...
    ... quelques couleurs et que ses tremblements avaient cessé. Il ne pouvait le nier, cette femme ne le laissait pas indifférent. Maryse lui faisait penser à une biche et cela l’attendrissait. Et puis, il ne pouvait ignorer les attraits féminins que les habits détrempés lui révélaient. Des rondeurs appétissantes qui réveillaient ses désirs d’homme en sommeil depuis très longtemps. Certes, sa longue abstinence était sûrement responsable d’une partie de son trouble, mais pas de la totalité. En fait, Maryse le touchait plus profondément qu’il n’aurait voulu. Il avait remarqué que celle-ci portait une alliance à l’annulaire gauche, preuve qu’il s’agissait d’une femme mariée. Mais, quelque chose lui soufflait que l’époux de celle-ci n’apportait pas à cette dernière tout le soutien, toute l’affection dont elle avait besoin… Contrarié par la tournure que prenaient ses pensées, il chassa cette idée de son esprit en se sentant brusquement terriblement vieux.
    
    — La pluie s’est calmée. Je vais aller chercher du bois dans la remise. Une fois réchauffée, je vous ramènerai là où vous voulez. Ma voiture est garée pas très loin d’ici.
    
    Maryse suivit du regard Gérard qui sortait. Elle ne pouvait nier que cet homme l’intriguait. Il n’avait certes pas la beauté virile des mannequins à la musculature ciselée des photos de mode, mais il dégageait une sensibilité, une délicatesse, une bienveillance qui la touchaient. Un homme qui semblait avoir été éprouvé par la vie, à en croire les rides profondes ...
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