1. Surprise… (1)


    Datte: 19/04/2023, Catégories: Erotique, Auteur: Ober0n, Source: Xstory

    Tip, tip, tip, tip. Biiiiiip.
    
    C’est avec un certain soulagement que j’entends retentir l’approbation du digicode dès la première série de chiffres saisie.
    
    Je ne peux pas dire que je sois un modèle de mémoire infaillible et ce long bip strident m’apparaît soudain comme un bon augure.
    
    À peine une seconde après, le déclenchement électrique se fait entendre et le portail d’entrée s’entrouvre devant moi.
    
    Un long corridor à ciel ouvert, aux dalles usées par les intempéries et les pas des commis empressés, me conduit à une lourde porte de bois que je sais ne pas être verrouillée.
    
    Deux marches et ma main se posent sur la poignée circulaire.
    
    Une brève hésitation... que balaie rapidement la certitude que le choc de la lourde grille métallique qui vient de se refermer a forcément été entendu depuis les bureaux. J’actionne donc la clenche.
    
    Pas de grincement. Bien. Je prends soin de refermer doucement le battant – sait-on jamais – et m’élance à l’assaut de l’escalier recouvert de tommettes.
    
    Aucun son étranger ne me parvient pour l’instant et je parcours le corridor avec la discrétion d’un spectre. Deux affiches à ma gauche, trois à ma droite. À la dernière – au graphisme futuriste des plus désuets –, je m’arrête et tends l’oreille. Toujours rien.
    
    Mes mains tremblent un peu. Je finis par entrer dans mon rôle d’intrus et je crois que, si l’on m’interpellait maintenant, je serais incapable de donner une réponse intelligible ou crédible sur la raison de ma ...
    ... présence.
    
    En face, une lourde porte qui donne, à son tour, sur l’extérieur, de l’autre côté du bâtiment et à ma gauche, l’entrée du "sanctuaire".
    
    Difficile, dans le silence olympien d’un bâtiment plusieurs fois centenaire d’actionner une poignée avec suffisamment de conviction pour donner l’impression qu’on est, sinon de la maison, un habitué des lieux. Encore plus dur, de faire la même chose sans permettre à des oreilles humaines de déceler ma présence. Ragaillardi par la pensée d’y parvenir néanmoins, je me redresse, raffermis ma prise et repousse la porte devant moi... avant d’être saisi d’effroi.
    
    La lumière de l’astre solaire déclinant qui pénètre par les hautes fenêtres suffit à peine à éclairer les formes sinistres et grimaçantes disposées tout autour de la remise. Les membres épars de quelques créatures inhumaines sont accrochés aux murs blafards et les visages crochus, barrés de sauvages rictus, qui reposent sur leurs socles minéraux paraissent vous sonder de leurs orbites creuses...
    
    Le peu de lumière artificielle qui provient du bureau situé au bout de la salle parfait cette ambiance surréaliste durcissant les traits peu amènes des têtes sculptées. Mes pas me semblent soudain faire le bruit d’un troupeau de buffles. La réverbération dans la salle au haut plafond est atroce et, pourtant, je continue à entendre le cliquetis imperturbable du clavier d’un ordinateur.
    
    Peut-être que le battement de mon cœur suffirait à couvrir le bruit de ma traversée parmi les ...
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