1. Spectrophilie


    Datte: 11/04/2023, Catégories: fh, couple, bizarre, cérébral, revede, pénétratio, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... rentre plus, ou passe de temps en temps chercher des affaires ou de l’argent. Il refuse de divorcer et… je ne sais pas quoi faire. En plus, je pense qu’il est plus ou moins dans des réseaux maffieux, il me menaçait de tout perdre, car il aurait de très bons avocats. Et pire encore…
    — De… de vous tuer ?
    — Il ne l’a pas dit, il l’a laissé entendre. Me tuer ou me défigurer à vie. Je me sens coincée, prise au piège…
    
    Elle se mit à pleurer. C’est toujours désarmant une femme qui pleure. Je me suis arrêté, je l’ai prise sur mon épaule. Elle s’est lâchée cinq minutes à gros sanglots, j’ai essuyé ses joues, ses yeux. Nous étions près du canal, nous sommes sortis faire quelques pas, l’endroit était paisible. Il y avait un banc, nous nous sommes assis, elle a de nouveau posé sa tête sur mon épaule.
    
    — Et vous ? Comment en êtes-vous arrivé là ?
    — Banal aussi. Je voulais tout pour qu’ils soient heureux, j’ai trop bossé, j’ai oublié d’être là et j’ai tout perdu par pure connerie…
    — Mais en quoi ces soirées vous font-elles du bien ?
    — En rien, c’est comme une drogue. Ou c’est une drogue parmi les autres : pendant quatre ou cinq heures, j’oublie combien j’ai été con. Vous ajoutez encore cinq ou six heures de sommeil, six heures de boulot intense, et je ne suis plus con que six ou sept heures par jour. Toujours ça de gagné.
    — Et pourquoi vous avez quitté cette soirée pour me ramener ?
    — Parce que… Vous me faisiez de la peine, paumée dans cette soirée. Et je voyais le moment où ...
    ... vous alliez partir et rentrer seule. Et seule dans un bus, un métro ou un RER à cette heure-là, fringuée comme vous êtes, c’est plutôt risqué. Alors qu’en vous ramenant, c’est moi qui profite de votre silhouette, de vos longues jambes presque intégralement dénudées, de votre joli visage. En somme, c’était vous rendre service et profiter un peu de vous.
    — C’est gentil ce que vous dites. Et dire que moi, je vous ai remis de vilaines idées dans la tête.
    — Des vilaines certes, mais des belles aussi, dis-je en la serrant un peu plus.
    — J’ai un peu frais, on se met à l’abri ?
    
    Nous sommes remontés en voiture. Au lieu de mettre sa ceinture, elle s’est penchée vers moi et m’a offert ses lèvres. Notre baiser, timide au début, devint enflammé. Nos langues s’enroulaient en une danse frénétique à nous faire perdre haleine. Mes mains commencèrent à s’égarer sur le nylon qui gainait ses longues cuisses. Soudain, elle me repoussa et se rajusta sur son siège.
    
    — Excusez-moi, je suis folle. Je me conduis comme toutes ces… traînées. Pourtant, je ne suis pas comme ça.
    — Mais, je ne vous juge pas. Et votre jugement est également trop rapide. Je ne vous prends pas pour une traînée, les autres non plus d’ailleurs. Juste des abîmées de la vie qui ont besoin d’un peu de tendresse pour exister. C’est vrai que souvent elles sautent la case tendresse pour passer à la case sexe. Ça, c’est la force de l’habitude, le besoin de toujours quelque chose de plus fort…
    — Ramenez-moi chez moi, s’il vous ...
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