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Spectrophilie
Datte: 11/04/2023, Catégories: fh, couple, bizarre, cérébral, revede, pénétratio, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... ça en douce. Vrai ou pas ? — Probablement… —Mes héritiers en auraient-ils vu la couleur ? — Non, bien sûr… —Donc mes héritiers en sont-ils lésés ? — Non, pas vraiment. Mais puisque vous êtes encore présent par l’esprit, et que vous m’avez indiqué la cachette, alors maintenant il leur revient. —Sauf que moi, je ne veux pas. Ne faut-il pas respecter la volonté d’un défunt ? — Si, bien sûr, à condition qu’elle soit exprimée avant sa mort. On appelle ça un testament. —Caroline, vous voulez vraiment que j’écrive un testament antidaté en votre faveur ? Je peux le faire ! — Oh non, surtout pas. Ce serait me désigner coupable immédiatement, vu que nous ne connaissions pas avant, ou presque. Et comme déjà votre ex-femme trouvait bizarre que je vous défende, ça se finirait obligatoirement au tribunal. —Bien, donc nous sommes d’accord. Mon or dort paisiblement dans votre coffre où il est devenu votre or, parce que je le veux. Pourquoi ? Parce que vous m’avez défendu, parce que vous m’avez écouté sans appeler les voisins, la police ou un exorciste. Si la période que vous vivez vous paraît difficile, croyez-moi, celle que j’endure n’est pas facile non plus… — Je veux bien vous croire. Comparée à vous, j’ai toutes les chances, c’est vrai. —Craignez-vous que je change d’avis et que j’aille hanter quelqu’un d’autre pour vous dénoncer ? — Euh… Je n’y avais pas pensé, mais ce serait une possibilité. Ou envoyer un mail à un juge. Une raison de plus de me torturer ...
... l’esprit… —Caroline, dans ma vie j’ai fait la fête, la java, j’ai picolé avec des lendemains difficiles, j’ai tâté la dope sans réel plaisir, à une époque, j’ai baisé tout ce qui voulait bien se laisser faire sans y trouver le bonheur. Mais jamais je n’ai trahi ma parole. Je n’en ai qu’une, je la tiens et je l’assume. Pour moi, cet or n’a plus aucun intérêt aujourd’hui, je ne me rachèterai pas une résurrection avec. — C’est sûr, hélas… —Donc cet or, faites-en bon usage, je n’en ai plus rien à foutre. Je préfère qu’il vous revienne parce que vous m’avez rendu un immense service. Vous ne craignez absolument rien, ni de moi ni de quiconque. Ce problème est-il réglé ? — On va dire ça. Moralement pas trop. Mais bon… —Pourquoi, moralement ? Allez au fond des choses. — Ben… Je trouve que je m’en suis emparé de façon immorale, non méritée. —D’abord, nous avons fait un sauvetage pour qu’il ne soit pas perdu ou ne tombe pas entre n’importe quelles mains. Quant au mérite, qui d’autre que vous m’aurait accepté dans sa vie, chez lui, comme vous l’avez fait ? Par vous, j’ai le sentiment d’exister encore un peu, de pouvoir régler quelques affaires. Je me dis parfois que si je suis là, coincé entre réel et au-delà, c’est que j’ai encore quelque chose à accomplir, encore des choses à faire. Mais je ne sais pas quoi, je n’ai pas eu le mode d’emploi. Vous êtes mon trait d’union avec la vie. Ça n’a pas de prix. — Ouais… mais admettez que l’exercice soit difficile pour moi. —Je le sens bien, aujourd’hui ...