1. Spectrophilie


    Datte: 11/04/2023, Catégories: fh, couple, bizarre, cérébral, revede, pénétratio, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... habitait à guère plus de cinq cents mètres de son boulot. Immeuble banal, second étage, appartement assez coquet, propre et rangé. Une entrée, un couloir, une pièce double salle à manger avec cuisine américaine et petit salon, à côté salle de bains et toilettes, puis deux chambres, une grande et une plus petite. Un soixante mètres carrés en centre-ville qui doit coûter bonbon ! Elle posa ses clés et son attaché, et alla droit aux toilettes dont, comme font souvent les gens seuls, elle laissa la porte ouverte. Ma foi, je compris pourquoi j’étais en plein confort contre cette rotondité. C’est superbe et généreux sans être gros, simplement charnu et dénué de toute cellulite. Elle fila ensuite au salon, alluma la télé et un ordinateur portable, regarda ses mails perso. Je pariai que cette fille n’utilisait même pas sa machine du boulot pour consulter son courrier. Des pubs, une facture EDF, d’autres pubs… Pas un message suspect d’amant ou de petit copain. Elle sortit alors un téléphone portable de son attaché et l’alluma. Petite musique. Pareil, son téléphone personnel est coupé au travail. Incroyable, c’est une exception. Ah, un message qu’elle écoute avec attention, puis elle rappelle :
    
    — Allô ? Bonjour, mamy, c’est Caro… Oui et toi ?… Oui, j’ai eu ton message… Oui, je passe te voir demain, pour le café, d’accord. C’est promis, je t’en apporte… Pas du tout, mon frigo est vide et je vais descendre faire quelques courses… Non, bien sûr… Pas de problème… à demain, je ...
    ... t’embrasse.
    
    Et une petite mignonne qui prend soin de sa vieille grand-mère en plus. Vraiment top. Du coup elle se leva, jeta un coup d’œil approfondi dans le frigo, soupira, sortit un cabas d’un placard, son porte-monnaie de l’attaché-case, reprit ses clés et descendit. Elle a laissé télé et ordi allumés, je regardai par la fenêtre et la vis traverser la rue, il y avait un petit centre commercial en face avec quelques boutiques. Je me jetai alors sur le clavier et je tapai ce que j’ai concocté après ma réflexion :
    
    J’attendis son retour, excité comme une puce sur un teckel. Va-t-elle péter un fusible, hurler de terreur, casser l’ordi ? Ou va-t-elle avoir le cran de lire jusqu’au bout ? Elle revint, la clé dans la serrure. Elle entra, referma, alla dans la cuisine et regarnit son frigo. Elle chantonnait, elle prit tout son temps. Elle se lava les mains derrière le comptoir en jetant un œil distrait sur la télé. Il fallait qu’elle vienne jusque-là… Eh non, elle fila dans sa chambre. Au lieu de la suivre et de m’en prendre plein les yeux, je l’attendis toujours comme un imbécile. Car elle revint en peignoir, pieds nus, peut-être rien en dessous. Elle retourna au frigo et se servit un verre de jus de fruits. Au passage, elle prit le courrier qu’elle venait de remonter et s’installa sur le sofa, à côté de moi. Un œil sur la télé, elle commença à déchirer les enveloppes : pubs, factures… C’est en reprenant son verre que son regard tomba sur l’écran. D’abord, elle fronça les sourcils. ...
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