1. Les doutes légitimes (1)


    Datte: 06/04/2023, Catégories: Divers, Auteur: Jane Does, Source: Xstory

    ... musique pour nous mettre en forme. Il fait bon, les musicos sont bons, et puisque nous sommes deux… Et il est où ton bonhomme ? Tu es bien marida ?
    
    — Marida ? Je ne comprends pas !
    
    — Mariée quoi ! Ton mec est dans le coin ?
    
    — Sans doute…
    
    — Menteuse avec ça ! Je t’ai vu débouler avec une autre nana. La petite qui danse là-bas près de la fontaine… enfin quand je dis qui danse… elle serait plutôt en train de rouler une galoche à son cavalier.
    
    Je me suis retournée et je fixe la direction que ce type semble indiquer du regard. C’est vrai qu’Édith parait fricoter avec le fils de l’institutrice, Jacquot. Elle est fort occupée et apparemment, ce ne sont pas que des paroles qu’ils échangent les deux-là. Mais après tout elle et lui sont libres et c’est bien qu’elle flirte un peu. Alain qui s’amuse de me voir regarder ma belle-sœur, me prend soudain la main. Merde ! Sa patte est chaude, presque trop douce.
    
    — On y va ? Un ou deux morceaux… tiens ! Un slow, c’est bon ça pour commencer.
    
    —… !
    
    Il ne me laisse guère d’autre alternative que de le suivre puisqu’il s’élance parmi les couples sur la piste improvisée en me tenant toujours le poignet. Et je me retrouve avec sa patte dans le dos et il me colle littéralement. Il est plus grand que moi d’une bonne tête. Tout autour de nous d’autres danseurs, mais personne ne s’occupe vraiment de qui est qui et puis, ce n’est éclairé que par des lampadaires pas très performants. Au bout d’un moment, je me sens presque bien. ...
    ... Lui se presse, serre contre moi et un court instant, je rêve que c’est Daniel qui…
    
    Malheureusement, mon mari ne veut jamais venir et ne sait pas seulement dansotter. Mon cavalier a la main qui de mon épaule vient de couler littéralement sur ma colonne vertébrale et reste scotchée sur le haut de mes reins. Jusque-là rien de trop anormal. Mais alors, pourquoi est-ce que j’ai une sorte de coup de chaleur ? Les trois ou quatre bières ingurgitées ? Je ne sais plus trop. Je ferme les yeux et le tourbillon qui nous entraine, grâce aux accords langoureux de l’orchestre me fait tourner la tête ?
    
    Étrange comme mon sang ne fait qu’un tour. La patte s’est encore déplacée. Pas celle qui est enfermée dans la mienne, non. Celle qui me touche le dessus des fesses, elle vient de bouger. Pas de beaucoup, dix à quinze centimètres, suffisamment pour que j’en ressente les effets. Je suis tétanisée et mes paupières fermées, je me sens frémir tout entière. Mince alors, quel culot ! Comment peut-il me tripoter de la sorte ? Sous mon crâne c’est la tempête. Pourquoi est-ce que je ne lui dis rien ? Je ne fais pas un mouvement pour lui interdire non plus d’insister.
    
    Les doigts impriment un mouvement sur le tissu de mon jean. Ils s’incrustent dans la chair qui reste inaccessible. Alors de drôles de sensations me montent dans le corps. Et le type qui me guide toujours, au son de la musique, se penche sur mon cou. Je frissonne. Daniel… pourquoi as-tu refusé de m’accompagner ? La bouche qui souffle ...
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