1. La toile


    Datte: 14/03/2023, Catégories: Divers, Auteur: Petite Chérie, Source: Xstory

    Version féminine
    
    Je suis réveillée par le vent sur ma peau. Légers frissons.Où suis-je ? Je ne reconnais rien, ni le paysage ni ces arbres qui m’entourent, même les couleurs.
    
    C’est curieux, je suis suspendue nue dans les airs, clouée à – j’essaye de me détacher de ces fils gluants – une toile d’araignée géante !
    
    Vu la taille immense de la toile, l’arachnide qui l’a tissée doit être... très très grande ; énorme même. Une peur panique m’assaille. Je me tortille dans tous les sens pour me détacher, en vain. Au contraire, je suis en train de m’enrouler, de m’engluer dedans encore plus comme un vulgaire papillon.
    
    — Ne bouge plus.
    
    Je stoppe net, interloquée. Une voix me parle dans la tête.C’est quoi ce bordel ? Je me débats à nouveau. La voix, encore :
    
    — Arrête !
    
    Je comprends que la voix a raison. En effet, si l’araignée est proportionnelle à la taille de sa toile ou vice versa (je suis un peu perdue), je suis dans la merde. Méga merde. Mon cœur bat la chamade, ma gorge se noue et mes yeux commencent à piquer devant cette évidence morbide.
    
    —J’arrive.
    
    Toujours cette voix. Je la sens masculine, cette voix.Comment peut-on "sentir"; le genre d’une voix que l’on entend dans sa tête ? Mais que m’arrive-t-il ?
    
    J’observe autour de moi. La toile est tissée entre de grands arbres dont je ne connais pas l’essence ; je ne vois même pas leurs extrémités et je suis à cinq mètres au moins au-dessus du sol. Les feuilles ressemblent à des... nénuphars géants avec comme ...
    ... des haricots verts, mais de toutes les couleurs. L’herbe est bleue ; oui, bleue, je n’hallucine pas. Je n’ai même pas bu ni fumé avant d... Avant de quoi ? Je ne me rappelle plus rien.
    
    Mais, bon sang, je suis où ? Qu’est-ce que je fous ici ?
    
    Dans le ciel, un soleil, mais avec deux planètes qui ne ressemblent en rien à notre lune. On dirait qu’elles ont une forme de donut.
    
    Je secoue la tête ; je vais me réveiller...
    
    — Quand je te dis "saute" ; tu sautes.
    
    Encore la voix. Sauter du haut de cinq mètres ? Mais elle plaisante, la voix ! Je vais m’escagasser au sol comme une figue.
    
    — Non, je te rattraperai à temps.
    
    D’accord, tu me rattrapes, tu me parles dans ma tête, je te réponds dans ma tête et tu me rattrapes... C’est quoi ce délire ?
    
    Je sens dans mon dos, la toile d’araignée frémir comme si quelque chose avançait dessus. Frissons d’horreur. Je scrute autour de moi, affolée, et aperçois une bête poilue venant sur ma droite, avec un très gros abdomen, deux gros yeux noirs inexpressifs, quatre plus petits alignés en dessous, des mandibules crochues qui s’agitent avec des "clic-clic" très inquiétants. Je vais hurler...
    
    Puis d’un coup, ce ne sont plus que des hurlements, des déchirements de chair. Du sang coule. Ça coupe, découpe, broie, tranche et déchiquette à tout va autour de moi. Un combat acharné. Je sens la toile se détendre ; je glisse et tombe dans le vide.
    
    J’essaye de me rattraper en battant des bras dans le vide, dans un hurlement en fermant ...
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